Manœuvres autour de la loi sur la répartition des sièges : le nouveau plan de Kabila pour s’accrocher au pouvoir

Manœuvres autour de la loi sur la répartition des sièges : le nouveau plan de Kabila pour s’accrocher au pouvoir

A la suite du refus du Président de l’UDPS Félix Tshisekedi d’accepter l’offre de la Primature que Joseph Kabila lui aurait tendu, le scénario de la mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale et d’un report des élections concocté par le régime de Kinshasa se dessine. Une grande agitation règne au sein de la Majorité présidentielle. Le régime de Kinshasa préparerait une nouvelle manœuvre en utilisant la loi sur la répartition des sièges en discussion depuis hier à l’Assemblée nationale.

Le 25 juillet prochain, tous les candidats à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 doivent déposer leur dossier à la CENI. A cette date, la porte de sortie de Kabila sera bel et bien ouverte. Voilà qui explique le niveau de tension qui règne au Palais de la Nation et dans les travées de la Kabilie. Joint au téléphone, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet du candidat à la présidence et ancien Gouverneur du Katanga Moise Katumbi confirme que « Si Joseph Kabila s’entête à conserver le pouvoir en sabotant les élections, il subira le sort de tous ceux qui ont voulu défier leur peuple ! Lors du sommet de la SADC qui s’est tenu le 24 avril dernier à Luanda, Kabila a rassuré ses pairs sur la tenue des élections le 23 décembre prochain. En réalité, il n’est absolument pas question pour lui de quitter le pouvoir et d’organiser des élections. Joao Lourenço, Cyril Ramaphosa, Edgar Lungu, et les autres Chefs d’Etat de la SADC vont bientôt découvrir tout l’art consommé de la duplicité et du mensonge de leur homologue congolais ».

Selon un député de la majorité, au retour de Luanda, Joseph Kabila a instruit son directeur de cabinet d’organiser une réunion avec le vice-Premier ministre Mova et le Président de l’Assemblée Minaku pour préparer un nouveau stratagème afin d’éviter le dépôt des candidatures et repousser les échéances.

Les députés de la majorité présidentielle sont donc sous pression. Ils doivent adopter dans les prochains jours la loi sur la répartition des sièges, un des textes essentiels pour la tenue des élections afin de tenir le calendrier de la CENI. Le texte déposé par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Henri Mova à l’Assemblée a été élaboré sur base des prescrits de la CENI.

Après un débat général houleux, le projet de loi a été envoyé à la commission des lois pour examen et adoption avant son retour à la plénière. Selon notre source au sein de la majorité, des instructions ont été données à la majorité présidentielle afin de rejeter le projet de loi présenté par Henri Mova et de lui renvoyer le texte. L’objectif serait de reporter l’adoption du texte à la prochaine session de septembre. Le dépôt des candidatures prévues le 25 juin pour les élections provinciales et au 25 juillet pour les élections présidentielles et législatives ne pourrait donc avoir lieu. Sans porter la moindre responsabilité sur ce énième report, la CENI sera dans l’obligation d’annoncer l’impossibilité de la tenue des élections et de fixer un nouveau calendrier. Joseph Kabila aurait donc décidé d’utiliser les députés pour obtenir un nouveau report des élections. Selon un diplomate de la sous-région présent à la réunion de la SADC, les engagements de Joseph Kabila souscrits devant ses pairs à Luanda et salués par le communique final, doivent absolument être respectés au risque de créer une crise sous-régionale aux graves conséquences.
Malgré les avertissements et les engagements, Joseph Kabila ne semble encore une fois pas prêt à lâcher un pouvoir qu’il exerce depuis 2001 après la mort de Laurent Désiré Kabila.

RDC : (Vidéo) Moïse Katumbi face à un report des élections…

Malgré les avertissements et les engagements, Joseph Kabila ne semble décidément pas prêt à lâcher un pouvoir qu’il exerce depuis 2001 après la mort de Laurent Désiré Kabila.

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