RDC: l’opposition conteste les chiffres de la Commission électorale

RDC: l’opposition conteste les chiffres de la Commission électorale

 
Par Marie-France Cros.
 
L’opposition congolaise conteste, dans un document signé ce 11 avril, les chiffres des électeurs publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et demande des poursuites judiciaires pour l’achat des très contestées « machines à voter » par cette dernière.

Félix Tshisekedi pour l’UDPS, Vital Kamerhe pour l’UNC et Alliés, Pierre Lumbi pour Ensemble, Eve Bazaïba pour le MLC et Freddy Matungulu pour le CNB/SYENCO ont signé mercredi une lettre protestant contre les chiffres fournis par la Ceni à l’issu de l’enrôlement des électeurs. Ils relèvent ainsi une erreur de 29.151 électeurs entre le nombre des électeurs inscrits (46.542.289) et celui des radiés, soit parce qu’ils ont été inscrits deux fois (5.381.763), soit parce qu’ils étaient mineurs (902.290). La Ceni a en effet retenu au final 40.287.387 életeurs, au lieu des 40.258.236 que compte l’opposition (et la calculatrice de La Libre Afrique.be).
 
Explosion du coût
 
Les signataires demandent en conséquence un audit du fichier électoral et du serveur central, la publication du nom des radiés et le retrait de leurs cartes d’électeurs afin qu’elles ne puissent servir. Ils dénoncent en outre un « détournement » de fonds pour payer les très controversées  « machines à voter » commandées à une firme sud-coréenne par la Ceni « car il n’existe aucune ligne budgétaire » ad hoc dans la loi de finance 2018 et demandent au Procureur de la république d’ouvrir une information judiciaire au sujet de la facturation de ces machines: 1500 dollars pièce alors qu’elle « coûte 400 dollars ».
Les chiffres « ne concordent pas »
 
Un autre document issu de l’opposition estime que « le fichier électoral nettoyé présenté par la Ceni est un faux car les chiffres ne concordent pas avec la réalité ». Les comparant avec ceux de la population totale relevés par l’Institut national de la Statistique (INS), ce tableau relève ainsi que la population congolaise a progressé de 24% en cinq ans, selon les estimations de l’INS, alors que la Ceni annonce une progression de 30% des électeurs depuis 2011, « avec des disparités inexplicables entre provinces ».
 
Certaines provinces affichent ainsi une augmentation du nombre annoncé d’électeurs bien plus haute que la progression de leurs habitants, notamment le Sankuru (102% alors que la population n’a augmenté que de 23%), province chère au porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, ou le Lomami (78% pour une hausse de la population de 23% aussi). En revanche, d’autres connaissent une hausse du nombre d’électeurs bien plus basse que celle du nombre de leurs habitants, comme le Tanganyika (9% contre 26%), le Kasaï oriental (3% contre 23%), deux provinces qui connaissent des violences depuis 2013 et 2016, ou le Nord-Ubangi, province de feu Mobutu (11% contre 20%) ou le Bas-Uélé (10% contre 17%), proche du Sud-Soudan et de la Centrafrique.

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