Congrès de l’UDPS: les éclaircissements de Me Mukendi wa Mulumba

Congrès de l’UDPS:  les éclaircissements de Me Mukendi wa Mulumba

Par Marie-France Cros

L’UDPS doit tenir ces 30 et 31 mars son second congrès. Il s’agira essentiellement d’élire le successeur du défunt Etienne Tshisekedi. La Libre Afrique.be a demandé à l’ancien bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, membre du parti, d’éclaircir certains points obscurs.

L’UDPS avait organisé son premier congrès en décembre 2010, soit 28 ans après sa création, en 1982. Il s’agissait de désigner le candidat à la présidentielle de 2011 (élection qui s’avèrera « non crédible » en raison de fraudes massives) – Etienne Tshisekedi – et produire de nouveaux statuts. Ceux-ci avaient été légalisés par le notariat de l’Hôtel de Ville de Kinshasa fin janvier 2011, non sans difficulté, le notaire-fonctionnaire ayant préalablement accepté des statuts pour l’UDPS déposés par une personne non reconnue pour le faire.

Statuts non vus par le congrès

Mais là ne s’arrêtent pas les difficultés. En effet, deux ans plus tard, le 25 janvier 2013, Etienne Tshisekedi  faisait notarier une nouvelle version des statuts, dont il avait modifié certains articles sans en référer au congrès de l’UDPS, pourtant seul dépositaire de ce droit selon les statuts de 2010. En 2015, des dissidents de l’UDPS avaient déposé plainte en Belgique, tandis qu’une autre plainte était déposée devant le tribunal de grande instance de Matete (Kinshasa), contre Etienne Tshisekedi, pour cette raison.

Depuis lors, l’UDPS, principal parti d’opposition, a fait l’objet d’une attention particulière des kabilistes, qui se sont attachés à accroître ses divisions en jouant sur l’argent et les ambitions personnelles. Et, surtout, le 1er février 2017, il y a un peu plus d’un an, Etienne Tshisekedi décédait à Bruxelles, laissant le parti désemparé par la disparition de son « lider maximo » adulé. En avril 2017, la direction de la principale tendance de l’UDPS avait annoncé que le congrès ne pourrait « être convoqué avant l’enterrement d’Etienne Tshisekedi« , par « respect« . Mais l’absence d’autorisation de Kinshasa pour enterrer le défunt dans son pays s’est tellement prolongée que cette position est devenue impossible à tenir.

Relancer la machine UDPS

Plusieurs groupes dissidents ont tenté d’organiser un congrès pour relancer la machine, dans le désordre. Dans la pratique, on s’aperçoit que la principale tendance est celle actuellement chapeautée par le secrétaire général Jean-Marc Kabund a Kabund, dont Felix Tshisekedi, fils de l’éminent disparu, n’est que l’adjoint. C’est elle qui appelle au congrès des 30 et 31 mars, auquel devraient participer quelque 600 personnes et où Felix Tshisekedi présentera sa candidature à la présidence du parti.

Pour éclaircir l’imbroglio juridique, La Libre Afrique a interrogé Me Jean-Joseph Mukendi.

LLA: Quels sont les « bons statuts », ceux de 2010 rédigés dans le cadre du congrès, ou ceux de 2013?

Me Mukendi: Nous retenons les statuts de 2013, les derniers, parce que, des actions en justice lancées contre eux à Bruxelles et à Kinshasa, la première n’a pas de suite – comment la poursuivre quand la personne visée, Etienne Tshisekedi, est décédée? – et la seconde était une citation directe d’Etienne Tshisekedi et est donc éteinte depuis sa disparition.

LLA: Le congrès de 2010 avait prévu la création d’une Convention démocratique du parti, organe de concertation des responsables de l’UDPS, mais cela n’a jamais été fait. Cela ne pose-t-il pas problème?

Me M: Oui. Mais la personne qui devait la créer est décédée. L’article 26 (NDLR: des statuts de 2013) indique que l’interim du président du parti est exercé par un directoire composé du président en exercice de la Convention démocratique – qui n’existe pas – du président de la Commission électorale permanente et du Secrétaire général du parti. Seul ce dernier existe, en la personne de Kabund a Kabund. Et il ne peut pas créer la Convention démocratique. C’est donc un cas de force majeure. Par conséquent, c’est le Secrétaire général qui a convoqué le congrès.

LLA: Le congrès extraordinaire de cette fin mars traitera-t-il d’un autre sujet que la désignation d’un président du parti? Désignera-t-il un candidat à la présidentielle?

Me M: Non, la présidence du parti sera le seul thème abordé. Mais une fois le président choisi, celui-ci pourra convoquer un autre congrès avec d’autres objectifs.

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