Sud-Kivu : nouvelle cellule contre la fraude minière

Sud-Kivu : nouvelle cellule contre la fraude minière

Par Esther Nsapu, Correspondante dans l’est du Congo

Le gouverneur du Sud-Kivu M. Claude Nyamugabo vient de mettre en place une nouvelle cellule de 14 personnes pour lutter contre la fraude, la corruption et les tracasseries dans la province (CPLFCT). Cet organe remplace la cellule technique qui était coordonnée par M. Abbas Kayonga.

Dans cet arrêté signé en date du 23 mars dernier, Claude Nyamugabo, gouverneur de la province du Sud-Kivu, considère que la fraude et la corruption sont responsables de la baisse sensible du niveau de recouvrement des recettes du Sud-Kivu. Et d’ajouter que la tracasserie policière et administrative prive les populations de la jouissance de leurs droits et de l’accès équitable aux services de l’Etat.

Curieusement, ce nouvel arrêté ne mentionne pas l’arrêté interministériel n°0719 du 20 octobre 2010 qui porte création et fonctionnement de la Commission Nationale de Lutte contre la fraude minière et qui délègue la coordination de la commission à un coordinateur désigné par le Ministère des Mines et le Secrétariat technique au CEEC. Dans le présent arrêté, la coordination est confiée au directeur de cabinet du Gouverneur et à son adjoint. Selon certains analystes, avec cette main mise du Gouverneur, la nouvelle cellule mise en place par le Gouverneur du Sud-Kivu pourrait retomber dans les mêmes travers que l’ancienne cellule anti-fraude que dirigeait Abbas Kayonga sous le règne du gouverneur Marcellin Cishambo.

Une condamnation à la peine de mort

Pour rappelle, l’ex patron de la cellule de  lutte contre  la fraude  minière, M. Abbas Kayonga et ses 25 coaccusés ont été transférés à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa après avoir été condamnés dans une audience publique mardi 20 Mars 2018 à Bukavu. Abbas et 13 de ses hommes ont été condamnés à la peine de mort tandis que les autres membres de son groupe écopaient d’une peine de 5 à 20 ans de prison.

L’ancien coordonnateur de la cellule anti-fraude au Sud-Kivu et ses coaccusés ont été condamnés pour  rébellion, assassinat, détention illégale d’armes et de munitions de guerre et association de malfaiteurs.

Le 2 novembre 2017,  l’ex coordonnateur de la cellule de lutte contre la fraude minière, Abbas Kayonga était suspendu de ses fonctions par le gouverneur Claude Nyamugabo pour « manquement grave ». Refusant de se plier à la décision du gouverneur, il avait opposé une vive résistance armée aux forces de l’ordre envoyées le 5 novembre pour l’arrêter à son domicile au quartier Muhumba causant la mort de trois militaires FARDC et de trois civils ainsi qu’une certaine panique dans cette partie de la ville de Bukavu habituellement calme.

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