RDC : Mandat renouvelé et renforcé pour la Monusco

RDC : Mandat renouvelé et renforcé pour la Monusco

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité mardi une résolution qui renouvelle le mandat de ses Casques bleus en République démocratique du Congo. Un mandat qui charge aussi la Mission des Nations Unies  à aider à préparer ces élections.

Premier constat : le texte a donc été voté à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. Même la Chine a donc voté en faveur de ce texte.
Deuxième constat : le texte était présenté par la France.
Troisième constat : le texte va crisper encore un peu plus le pouvoir en place en RDC. En effet, Kinshasa plaidait pour un désengagement onusien et, surtout, pour que ces « onusiens » ne mettent pas leur nez dans les scrutins présidentiel, législatifs et provinciaux qui doivent se tenir le 23 décembre prochain. Le président hors mandat Joseph Kabila n’a eu de cesse de marteler ces derniers temps qu’il n’avait pas besoin du support international pour organiser « son » scrutin.
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La mission de la Monusco, plus importante force de l’ONU au monde, est prolongée au moins jusqu’au mois de mars 2019. Le texte insite par ailleurs sur la nécessité de protéger les civils d’ici les élections de décembre afin d’organiser le départ du président Joseph Kabila.
La résolution « souligne la nécessité de faire tout ce qui est possible afin d’assurer que les élections du 23 décembre 2018 sont organisées avec les conditions requises de transparence, de crédibilité, d’ouverture et de sécurité »… dans la droite ligne de ce qu’avaient couché sur papier les évêques de la Cenco dans l’Accord de la Saint-Sylvestre
L’autre calendrier électoral
Outre le renouvellement de la mission, le Conseil de sécurité enjoint le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de mettre au point des plans qui prévoient « toutes les options » en cas de nécessité, dont l’envoi de renforts venus d’autres missions de l’ONU.
M. Guterres devra faire le point sur ces plans devant le Conseil dans 90 jours !
Les 16.000 membres de la Monusco seront chargés de soutenir le processus électorale, notamment l’inscription des électeurs, le scrutin et la transition au sommet du pouvoir attendue le 12 janvier.
La mission fournira une assistance technique et logistique pour soutenir le processus électoral. Elle formera en outre la police congolaise pour qu’elle assure la sécurité le jour du vote.
La Monusco relèvera toute atteinte aux droits de l’homme et les signalera au Conseil de sécurité. Message clairement destiné aux autorités locales.
Eviter les erreurs du passé 
En mars 2017, le Conseil de sécurité avait déjà voté une précédente résolution dans la perspective de la présidentielle alors prévue en décembre 2017. Un calendrier remisé aux oubliettes suite, officiellement et notamment, aux violences dans le Kasaï. Les Nations Unies ne veulent plus revivre un tel scénario. Le nouveau texte démontre l’engagement de la communauté internationale derrière le processus électoral et insiste sur le bon déroulement de ce scrutin. Les observateurs seront sur place et seront nombreux, explique en substance la nouvelle résolution.
Plus question d’autoriser un quelconque report et pas question de laisser planer un doute sur le bon déroulement de ce scrutin.

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