L’insécurité alimentaire menace 124 millions de personnes dans le monde (bilan 2017)

L’insécurité alimentaire menace 124 millions de personnes dans le monde (bilan 2017)

L’insécurité alimentaire a progressé en 2017 et touche à présent environ 124 millions de personnes dans 51 pays, recense le Réseau d’information sur la sécurité alimentaire (FSIN) dans son dernier rapport dévoilé jeudi. Les prévisions pour 2018 ne sont guère plus encourageantes. Février 2017, l’état de famine est déclaré dans deux régions du Soudan du Sud. Ce pays, tout comme le nord-est du Nigeria, le Yémen et la Somalie, a en effet connu l’une des pires crises alimentaires de l’année écoulée. Le manque de nourriture a ainsi rendu criants les besoins en aide humanitaire urgente pour environ 32 millions d’habitants de ces territoires.

Quelque 108 millions de personnes dans 48 pays se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire en 2016, rappelle le FSIN. Elles sont à présent 16 millions de plus. Si l’on compare les 45 territoires repris dans les rapports du réseau international de 2016 et de 2017, on observe une hausse de 11% du nombre de personnes qui nécessitent une aide urgente pour survivre, protéger leurs moyens de subsistance ou combattre la malnutrition.

Les conflits, récents ou prolongés, expliquent cette augmentation au Yémen, au Nigeria et au Soudan du Sud ainsi qu’en Birmanie ou encore en République démocratique du Congo, qui a vu sa situation humanitaire se détériorer drastiquement l’année passée à la suite de tensions communautaires au Kasaï et au Sud-Kivu, notamment. La sécheresse persistante a en outre engendré de maigres moissons dans des pays déjà en grande insécurité alimentaire en Afrique de l’est et du sud.

Le rapport de cette année pointe donc les conflits et les bouleversements climatiques comme principaux facteurs de crises. Les premiers continuent de plonger 74 millions de personnes dans l’incertitude et la détresse alimentaires, tandis que les seconds affectent 39 millions d’habitants de 23 pays. Les zones soumises à d’importantes sécheresses souffrent non seulement d’un accès limité à la nourriture mais aussi aux soins de santé, à l’eau potable et aux sanitaires.

Dans ces régions, comme le nord du Kenya, la province pakistanaise de Sindh et certaines provinces d’Éthiopie et de Madagascar, la malnutrition atteint des niveaux très élevés. De nombreux enfants de moins de deux ans manquent d’ailleurs des apports nutritionnels minimums pour une croissance et un développement optimal, souligne le rapport.

La sécheresse et les violences demeureront probablement les premières causes de l’insécurité alimentaire en 2018, prévoit le FSIN. Seule éclaircie, la situation dans le sud de l’Afrique devrait s’améliorer grâce à la production céréalière exceptionnelle de 2017 et la baisse du prix des denrées alimentaires.​

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