Dossier libyen, Sarkozy mis en examen

Dossier libyen, Sarkozy mis en examen

Benjamin Masse, correspondant à Paris

Après deux jours de garde à vue à l’office anticorruption de Nanterre, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a finalement été mis en examen mercredi soir. Il est soupçonné des chefs de corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Sa garde à vue, qui avait commencé mardi matin, s’était achevée mercredi en fin d’après-midi. Entre-temps, à titre exceptionnel, les magistrats avaient permis à l’ancien président de la République de rentrer chez lui, mardi soir. Sarkozy a donc pu dormir dans son appartement du XVIe arrondissement de Paris, et non dans une cellule de la police judiciaire. Cette faveur est liée en grande partie à son statut d’ancien chef de l’Etat, sachant que le risque était quasi-nul qu’il tente de s’enfuir ou d’influer sur la procédure ou d’éventuels témoins.

La mise en examen du chef de l’Etat pourrait amplifier la polémique née depuis mardi sur l’attitude de la justice dans cette affaire. Laurent Wauquiez, le nouveau patron des Républicains, dont les relations avec Sarkozy sont pourtant notoirement tendues, avait ainsi jugé, mardi en fin d’après-midi sur Twitter, que la garde à vue de l’ancien chef de l’Etat, était “humiliante et inutile”. De même, Marine Le Pen, pourtant souvent critique à l’égard de l’ancien président de la République, s’est elle interrogée sur la “neutralité” du juge d’instruction, Serge Tournaire. C’est ce même juge qui avait déjà renvoyé Sarkozy devant le tribunal correctionnel, début 2017, dans le cadre de l’affaire Bygmalion, liée cette fois au financement de sa campagne de 2012. L’ex-chef de l’Etat avait fait appel de cette décision. Il est également mis en examen dans l’affaire dite des “écoutes”.

Amertume

A contrario, nombre de politiques de gauche se sont réjouis que le dossier progresse. La réaction la plus commentée a été celle de Ségolène Royal, concurrente malheureuse de Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007. L’ancienne ministre de l’Ecologie, aujourd’hui ambassadrice française des pôles arctique et antarctique, a laissé libre cours à son amertume, mardi soir, également par le biais d’un tweet : “Je voudrais juste dire ceci : malgré des conditions difficiles, la justice avance. Ma pensée va aux millions de citoyens qui ont le droit de savoir si le match était à armes égales.”

La mise en examen de Sarkozy pourrait signifier que les enquêteurs ont bel et bien obtenu de nouveaux éléments tangibles dans le cadre de cette affaire tentaculaire.

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