RDC: les principaux miniers quittent la FEC mais sont prêts à négocier avec Kinshasa

RDC: les principaux miniers quittent la FEC mais sont prêts à négocier avec Kinshasa

Par Marie-France Cros.

Les sept principales compagnies minières en République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé jeudi qu’elles se retiraient de la FEC (Fédération des entreprises du Congo). Elles ont aussi demandé un rendez-vous avec le ministre des Mines pour les « concertations » promises la semaine dernière par le président hors mandat Joseph Kabila.

A sept, elles produisent plus de 85% du cuivre, du cobalt et de l’or congolais: Randgold (anglo-sud-africaine), AngloGold Ashanti (sud-africaine), Glencore (suisse), Ivanhoe (canadienne), Zijin Mining, MMG et China Molybdenum (ces trois dernières, chinoises) ont annoncé leur démission de la FEC jeudi « avec effet immédiat » parce que celle-ci « ne représente pas leurs intérêts de manière adéquate ». En cause: Albert Yuma, un  proche du président Kabila et de Dan Gertler.

Double casquette

Albert Yuma, qui a aussi d’importants intérêts dans l’immobilier, est en effet, le patron de la FEC et, depuis 2011, celui de la Gécamines, société minière publique. Et lorsque les intérêts privés ne sont pas les mêmes que ceux de la Gécamines, il choisit les seconds, au grand mécontentement des premiers. Cela a notamment été le cas ces derniers mois.

Les miniers avaient ainsi estimé que leur point de vue n’avait pas été soutenu par le patron de la FEC avant l’adoption par le parlement d’un code minier révisé, dont ils contestent certaines clauses. Le président Kabila a annoncé, le 7 mars, que cela serait réglé « au cas par cas », lors de discussions futures. Les sept principaux producteurs miniers ont alors reçu de lui « l’assurance que les questions soulevées par l’inductrie seraient résolues par des dispositions transitoires, le règlement minier (NDLR: duifférent du code minier), des accords et des garanties à envisager une fois le nouveau code promulgué », ont-ils indiqué jeudi. Ils « attendent à présent un rendez-vous avec le ministre des Mines pour pour convenir d’un programme de concertation avec le groupe de travail » du gouvernement de Kinshasa.

Si les sociétés minières se disent prêtes à « négocier des redevances complémentairesainsi que d’autres miodifications fiscales », elles jugent prioritaire une « reconnaissance des clauses de stabilité » qui ont disparu du nouveau code minier – non dans la version votée par le parlement mais à la suite d’une initiative (que ne lui reconnaît pas la Constitution) de la commission d’harmonisation parlementaire. Les sept « grands » insistent que c’est cette clause de stabilité (qui prévoit que durant 10 ans les taxes auxquelles les sociétés minières sont soumises ne changeront pas) qui « a motivé de nombreuses décisions d’investissement en RDC ». Cette stabilité, ajouent les sept miniers, « s’est traduite par plus de 10 milliards de dollars américains d’investissements directs par l’industrie minière, générant plus de 20.000 emplois permanents en RDC ».

Pas les taxes les plus hautes

Il faut savoir que le niveau de taxes payées par les miniers en RDC, même selon le code révisé, n’est pas parmi les plus hauts. Mais, contrairement à ses rivaux miniers, la RDC ne produit pas assez d’électricité, ne dispose pas de routes dignes de ce nom pour transporter le minerai et n’a toujours pas remis en état sa partie du chemin de fer de Benguela qui vient d’être rouvert avec l’Angola (ce qui limite considérablement son utilité, malgré les efforts faits côté angolais). Ce sont les miniers qui doivent fournir ces services de base manquants, ce qui renchérit considérablement le coût de leur production.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos