RDC: l’Asadho dénonce une détention abusive de… 48 mois

RDC: l’Asadho dénonce une détention abusive de… 48 mois

 
L’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), à Kinshasa, a dénoncé mercredi la détention abusive d’un homme durant… 48 mois par l’Agence nationale de Renseignement (ANR).

 
Espoir Nguala a été enlevé le 4 juin 2014 à la sortie d’un restaurant de Kinshasa par cinq agents de l’ANR, qui l’ont conduit à leur cachot « 3Z », en face de la Primature. Après y avoir séjourné 10 jours au secret – ce qui est contraire à la Constitution (art. 18) – M. Nguala sera interrogé par l’administrateur principal de l’ANR chargé de la sécurité intérieure, Roger Kibelisa, et quatre de ses collaborateurs, « pendant 30 jours d’affilée, de 10 à 17h », rapporte l’Asadho.
 
Ces agents veulent à toute force lui faire avouer qu’il est la personne qui se cache derrière le pseudonyme « Moto Feu » utilisé sur Facebook et qu’il est, avec des généraux de l’ex-armée mobutiste et des Congolais de la diaspora, en train de préparer le renversement des instuitutions. Une partie de ces auditions se déroulera, à partir du 6 juillet 2014, en présence du grand patron de l’ANR, Kalev Mutond (par ailleurs visé par des sanctions américaines depuis 2016 et européennes depuis 2017 pour son rôle dans la répression de l’opposition) et quelques membres de son cabinet.
 
Un autre « Moto Feu »
 
Par après, durant 21 mois, Espoir Nguala sera interrogé deux fois par semaine mais toujours pas amené devant un juge, bien que la Constitution (art. 18) indique que « la garde à vue ne peut excéder 48h », après quoi le détenu doit être libéré ou mis « à disposition de l’autorité judiciaire compétente ».
 
Début janvier 2018, poursuit l’Asadho, une autre personne est arrêtée sous l’accusation d’être « Moto Feu ». Et ce n’est que le 31 janvier que M. Nguala sera amené à l’autorité judiciaire, en l’occurrence le parquet de La Gombe (Kinshasa).
 
« L’Asadho estime que l’ANR s’arroge trop de pouvoirs qui vont au-delà de la Constitution » et des différents textes légaux adoptés par la RDC. L’organisation de défense des droits de l’homme fustige « l’impunité générale » dont les agents de l’ANR « sont bénéficiares ». Et de demander la libération de M. Nguala « au vu de l’illégalité de sa détention » et des poursuites contre tous les agents de l’ANR qui ont violé ses droits constitutionnels. L’Asadho recommande enfin au président Joseph Kabila d’ordonner à Kalev Mutond « de respecter la Constitution et les textes qui régissent l’ANR ».
 
MFC.

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