RDC : 18 agents du Parc National de Kahuzi-Bièga kidnappés par des rebelles au Sud-Kivu

RDC : 18 agents du Parc National de Kahuzi-Bièga kidnappés par des rebelles au Sud-Kivu

Esther Nsapu, correspondante dans le Sud-Kivu

Dix-huit agents du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) ont été  kidnappés lundi dernier par des rebelles Raïa Mutomboki (« citoyens en colère » en Kiswahili) dans le territoire de Shabunda, chefferie de Bakiti aux alentours du village de Nzovu. Ces Raïa Mutomboki seraient conduits par le seigneur de guerre connu sous le nom de Kikwama.

Nzovu est une localité située à environ 190 km à l’ouest de la ville de Bukavu dans la province du Sud-Kivu dans le Parc National de Kahuzi-Biega, un parc abritant les derniers gorilles des plaines orientales et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Contacté, l’administrateur du territoire de Shabunda, Kashombana Bin-Saleh a déclaré que les agents du Parc de National Kahuzi-Biega étaient partis inspecter leur base avancée qu’ils avaient délaissé en raison de l’insécurité.  

 « Il s’agit de neuf gardes parcs et de neuf agents administratifs. Cette information a été rendue publique à travers une quarantaine de porteurs enlevés au même moment que les agents du PNKB mais qui eux ont été relâchés après ».

Kashombana Bin-Saleh ajoute que ces 18 agents sont tous en vie et qu’une équipe du PNKB en provenance de Bukavu pourra arriver sur place au plus tard vendredi pour négocier la libération des otages.

Selon les porteurs relâchés, ces rebelles exigeraient un montant de 10.000 dollars américains pour la libération de ces agents. Une information qui n’est pas confirmée par l’administrateur du Territoire de Shabunda.

Kashombana Bin-Saleh déplore cet énième incident commis par ces rebelles Raïa Mutomboki dans son entité tout en qualifiant cet acte de barbarie qui ne favorise pas le développement du territoire de Shabunda.

Le territoire de Shabunda est enclavé et isolé des autres territoires du Sud-Kivu. Les routes en état de délabrement très avancé ne permettent pas une circulation normale comme c’est le cas sur le tronçon Mungembe-Shabunda où des camions et taxi-voiture peuvent circulersur tout le tronçon. A cela, s’ajoute les difficultés de communication (téléphone, internet).

A l’instar de nombreuses milices de l’Est de la RDC, les Raïa Mutomboki prétendent être un groupe d’autodéfense populaire. Mais ce groupe armé s’est davantage illustré dans des exactions contre les populations civiles telles que les pillages, les enlèvements, les extorsions de fonds comme le dénoncent nombre d’activistes des droits de l’homme.

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