RDC: l’UDPS questionne la machine à voter

RDC: l’UDPS questionne la machine à voter

Le parti d’opposition UDPS vient de diffuser 45 questions que se pose la présidence du parti au sujet de la « machine à voter » qui fait polémique en République démocratique du Congo.

 
Le principal parti d’opposition congolais a diffusé les 45 questions qu’il pose au sujet de la « machine à voter », dont le président de la Ceni (commission électorale nationale indépendante), Corneille Nangaa, assurait en février dernier: « Sans machine à voter, il n’y aura pas d’élections le 23 décembre 2018 ».
 
La Libre Afrique.be avait alors souligné l’incohérence de M. Nangaa puisque son dernier calendrier électoral, diffusé le 5 novembre 2017, mentionnait, pour la période du 7 octobre au 15 novembre 2018, « impression, conditionnement et livraison aux 15 hubs des bulletins de vote, des procès verbaux et des fiches de résultats ».
Peu avant, l’ambassadeur des Etats-Unis au Conseil de sécurité, Nikki Haley, avait indiqué que « les Etats-Unis ne soutiennent pas » la machine à voter en raison du « risque colossal » que représenterait son utilisation pour la crédibilité des élections.
 
Pas de confiance
Le problème principal est le manque de confiance envers un régime qui a déjà organisé des fraudes massives lors des élections de 2011 – jugées « non crédibles » par les observateurs – et qui est 166ème sur 183 dans le classement des pays les plus corrompus du monde réalisé par Transparency International. Et cela alors que le gouvernement congolais refuse que la Ceni collabore avec le groupe d’experts internationaux recommandé par l’Onu pour l’audit du fichier électoral et du serveur.
 
La Ceni présente sa « machine à voter » comme une « machine à simplifier » le vote et à en « réduire le coût ». Elle consiste en un écran tactile – disponible en français mais pas dans les langues nationales – sur lequel l’électeur choisit son candidat pour la présidentielle, pour la législative et pour la provinciale. La machine, dans laquelle il a glissé son bulletin de vote, imprime ses choix sur ce dernier et l’électeur le plie et le glisse dans l’urne. A l’issue du vote, la machine donne les résultats totaux, qui doivent correspondre au comptage manuel des bulletins.
 
Les questions
 
Les questions de l’UDPS portent sur qui est le fabricant, quel appel d’offre a-t-il été lancé, quel est le coût d’une machine, quelles sont ses références d’utilisation ailleurs qu’au Congo, quel logiciel est utilisé, quelles sont les procédures de transfert de données, y a-t-il un enregistrement de toutes les opérations faites sur la machine, comment scelle-t-on la machine à l’issue de l’élection, quels sont les mécanismes de contrôle, combien de temps ce vote prend-il au minimum, quelle durée d’autonomie a-t-elle en cas de panne électrique, quels mécanismes sont prévus en cas de problème informatique, que fait-on en cas d’écart entre les résultats électroniques et « papier », pourquoi la machine à voter n’est-elle pas prévue dans le calendrier électoral…

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