Djihadistes au Sahel: les Saoudiens au four et au moulin

Djihadistes au Sahel: les Saoudiens au four et au moulin

Par Marie-France Cros

Une conférence internationale se tiendra ce vendredi à Bruxelles, organisée conjointement par l’Onu, l’Union européenne et l’union africaine, afin de récolter des fonds pour financer la force conjointe G5 Sahel de lutte anti-terroriste. Celle-ci est en cours de constitution par le Tchad, le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Mali, qui fourniront chacun un gros bataillon sous commandement conjoint.

Le but du G5Sahel est, à terme, de remplacer Barkhane (4000 hommes), la force française actuellement déployée au Mali, au Niger et au Tchad pour faire face aux attaques djihadistes et qui a encore perdu deux soldats cette semaine. Mettre le G5Sahel en place coûtera 450 millions d’euros, est-il estimé – sans compter son fonctionnement annuel à assurer. Jusqu’ici, quelque 280 millions de dollars ont déjà été promis et c’est pour trouver le reste que la conférence a lieu vendredi à Bruxelles.

Surprise

La surprise vient des contributeurs. Le principal est en effet… l’Arabie saoudite, avec 100 millions de dollars promis. Les Etats-Unis ont annoncé 60 millions de dollars, l’Union européenne 50 millions, les pays membres de l’UE 40 millions et les Emirats arabes unis 30 millions. A moins d’une annonce fracassante, vendredi, de la Chine ou du Japon – sollicités par la France pour contribuer – les principaux financiers de la force anti-djihadiste au Sahel seront donc les Saoudiens, qui financent des groupes djihadistes en Syrie et, indirectement, au Sahel ou ailleurs: le bras religieux de Ryad, la Ligue islamique, a organisé des ateliers fréquentés par plusieurs djihadistes belges.

Paradoxal? « Pas forcément », juge Philippe Chapleau, journaliste spécialisé dans la Défense à Ouest-France. « La France et les Etats-Unis ont insisté auprès de l’Arabie saoudite pour qu’elle contribue au financement du G5Sahel, en lui faisant comprendre que cela remonterait un peu sa cote, bien malmenée par la guerre que mène Ryad au Yémen. Et qu’à défaut, certains contrats de formation militaire et maintenance pourraient être cloturés ».

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