Afropolitan Festival: entends-tu s’élever les voix d’Afrique?

Afropolitan Festival: entends-tu s’élever les voix d’Afrique?

Avec des invités engagés (Julie Dash, Rokhaya Diallo) et une bande son d’enfer, l’Afropolitan Festival fera plus qu’assurer l’ambiance du 23 au 25/02 à Bozar (Bruxelles). Trois jours de célébration de la créativité afropolitaine à travers cinéma, musique, expos, danse et débats.

Beauté à magnifier, voix à amplifier et image(s) restaurée(s) sont au coeur de l’Afropolitan Festival ce week-end à Bruxelles. L’occasion de mettre à l’honneur des artistes et intellectuels africains ou afro-descendants d’Europe, d’Afrique et des États-Unis.
Des voix majeures comme celles de la cinéaste Julie Dash (« Daughters of Dust ») qui viendra donner une masterclass samedi 24 à 15h ; la réalisatrice et journaliste Rokhaya Diallo qui participera à deux débats en marge de la diffusion de son documentaire ce vendredi à 18h (« De Paris à Ferguson : coupables d’être noirs ») ; le réalisateur Damon Davis dont le film « Whose streets? » sera projeté samedi à 17h ou l’artiste plasticien Kehinde Wiley qui détourne l’iconographie religieuse afin de faire émerger des personnalités noires « trop souvent invisibles » (exposition à voir jusqu’en mai). Soit quatre façons d’évoquer les nouvelles formes d’activisme mises en avant aujourd’hui.

Le Festival permettra aussi de tirer les premiers enseignements des « Black History months » organisés à travers le monde (Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Pays-Bas). Une question à la fois politique et historique déjà ébauchée il y a quelques jours lors du Festival Congolisation.

Congo Eza et Kaniama Show

Côté musique, on nous promet un joli brassage d’influences avec de nombreux artistes originaires des deux Congo comme Fredy Massamba, Baloji et Badi, mais aussi d’autres voix issues du continent: Rodriguez Vangama, Bai Kamara Jr ou le groupe ivoirien Magic System qui fêtera ses 20 années de scène en transcendant les frontières musicales et géographiques (samedi 24/02 à 20h).

Les Congolais Badi et Baloji se frotteront d’ailleurs à de nouveaux univers puisque Badi évoquera le lien entre Congo et Belgique lors de la représentation de «Congo Eza» (dimanche 25 à 17h) en compagnie de l’écrivaine Joëlle Sambi et de la slameuse Lisette Lombe tandis que Baloji présentera son tout premier court métrage «Kaniama Show», douce satire de la télévision d’Etat telle qu’on la conçoit en Afrique (dimanche 25/02 à 18h)…

Débats, ateliers, rencontres, spectacles et DJ parties

Tandis que certains artistes continuent à interroger les ferments multiples d’histoires personnelles inscrites au croisement des continents, l’Afropolitan Festival nous entraînera de Bruxelles à Los Angeles, en passant par Abidjan, Kinshasa et Addis Abbeba, devenant ainsi le carrefour d’une succession de créations, de rencontres, de performances et d’échanges.

En trois jours, une vingtaine d’événements pluridisciplinaires sont programmés qui interrogent l’image et la place des Noirs dans l’Histoire et dans l’art. De vendredi à dimanche, le public aura l’embarras du choix : faire la fête (gastronomie, DJ parties, artisanat et mode,…) et/ou étoffer ses connaissances en multipliant les découvertes.

On pourra même s’adonner à divers ateliers dont l’un est destiné à l’écriture slam, cette poésie urbaine qui fleurit sur le bitume de nombreuses villes et cités.
Persuadés que le talent ne se mesure pas au nombre d’années, les organisateurs proposeront également des ateliers aux visiteurs les plus jeunes en collaboration avec le musée royal d’Afrique centrale.

Un seul regret: les amoureux de l’Afrique vont littéralement s’arracher les rastas.
Entre Afropolitan Festival à Bozar et Pavillon des lettres d’Afrique à la Foire du livre, ce week-end, le plus dur sera de faire un choix…

Horaires et renseignements: www.bozar.be

Karin Tshidimba

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