Afrique du Sud : Zuma démissionne

Afrique du Sud : Zuma démissionne

Il aura tout fait pour s’accrocher au pouvoir mais la pression était trop forte. Jacob Zuma, le président sud-africain a jeté l’éponge ce 14 février. Il a démissionné.

L’ANC, le parti de Nelson Mandela avait déjà envoyé un message fort en votant en faveur de Cyril Ramaphosa contre Mme Zuma en décembre dernier. Jacob Zuma, le président atteint par la limite des deux mandats, n’a pas réussi à imposer son ex-épouse. Son clan avait été battu et, dans cette arène politique sud-africaine, malheur au vaincu.

« J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation », a déclaré M. Zuma lors d’une allocution retransmise en direct à la télévision.

Après des semaines de tractations et de réunions, le parti au pouvoir avait exigé, mardi, la démission du président Zuma, empêtré dans des scandales de corruption. Faute d’une réponse de sa part, le parti avait décidé mercredi à la mi-journée de le forcer à quitter le pouvoir, en annonçant le vote dès jeudi d’une motion défiance dont l’issue ne faisait aucun doute.

C’est de manière détendue que Jacob Zuma s’est présenté mercredi soir face à un micro. « Pourquoi avez-vous l’air si sérieux ? Qu’est-ce qui se passe ? », a-t-il osé lancer, presque hilare, avant d’entamer un long discours.

« J’ai une dette envers l’ANC que j’ai servi presque toute ma vie, a-t-il insisté. Je respecte chaque membre et chaque chef de ce mouvement glorieux. Je respecte sa lutte contre des siècles d’apartheid et de brutalité de la minorité blanche. »

Sur un ton sobre et appliqué, Jacob Zuma a poursuivi : « C’est mon parti qui m’a mis à la présidence. C’est mon parti qui m’a demandé de me présenter devant l’assemblée nationale pour être élu. C’est mon parti qui m’a demandé de servir sur la base de la Constitution qui est la loi suprême de notre pays ».

« Ne vous trompez pas, aucun leader doit rester au-delà du temps qui lui est imparti par le peuple. Aucun leader ne doit chercher une sortie facile. » A

Conformément à la Constitution, Cyril Ramaphosa est devenu le président de la République par intérim dès la démission de Jacob Zuma. Le Parlement doit encore, dans les trente jours, l’élire formellement à ce poste. L’élection devrait, désormais, être organisée d’ici à vendredi.

Quant à Jacob Zuma, il a terminé son discours en promettant de continuer « à servir le peuple d’Afrique du SudOn se reverra bientôt », a-t-il soufflé avant de quitter le micro.

La question centrale est de savoir s’il a pu négocier les conditions de sa sortie. Jacob Zuma traine derrière ui un tas d’affaires liées essentiellement à des détournements de fonds, de nombreux juges aimeraient l’entendre. A-t-il pu négocier une forme d’amnistie avant de lâcher sa présidence ? L’avenir proche nous le dira. Mais l’ANC ne peut se permettre de trop protéger ce président honni par la grande majorité des sud-Africains, sous peine de perdre en core un peu plus de sa superbe dans la perspective des élections générales de 2019.

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