RDC : Le chef rebelle Sheka bientôt jugé à Goma

RDC : Le chef rebelle Sheka bientôt jugé à Goma

Par Esther Nsapu, correspondante dans l’Est de la RDC

“Le chef rebelle Tabo Taberi dit Sheka sera bientôt face à la justice militaire de Goma pour répondre de ses crimes”, a déclaré Daniel Ruiz, le Chef de bureau de la Monusco au Nord-Kivu au cours d’une conférence de presse à Goma tenue en marge du festival Amani.

En juillet 2017, Sheka s’était rendu à la Monusco après avoir été impliqué dans plusieurs violations des droits humains à l’Est de la République démocratique du Congo. Sa reddition a permis d’espérer que la justice soit rendue et que les violences cessent. Les autorités devraient également redoubler d’efforts pour arrêter l’ancien commandant militaire de Sheka, Guidon Shimiray Mwissa, dont les troupes continuent de sévir dans l’est de la RD Congo.

Selon Human Rights Watch, les autorités congolaises avaient émis en 2011, un mandat d’arrêt à l’encontre de Sheka pour crime contre l’humanité et viol massif. Mais il est resté en fuite pendant plus de six ans, tandis que son groupe armé Nduma Defense of Congo (NDC) continuait de commettre de graves crimes.

387 viols en quatre jours 

Selon l’ONU, entre le 30 juillet et le 2 août 2010, la milice commandée par Sheka et deux autres groupes armés ont violé au moins 387 femmes, hommes, filles et garçons dans 13 villages situés le long de la route menant de Kibua à Mpofi dans le territoire de Walikale à l’Est de la RDC.

Cheka est également connu pour avoir recruté des enfants mineurs selon Daniel Ruiz. « Il s’est rendu à la Monusco tout en sachant qu’il va être poursuivi par la justice militaire », a encore ajouté le chef de bureau de la Monusco.

Recrutement d’enfants soldats

A l’occasion de la journée internationale contre le recrutement d’enfants soldats de ce 12 février 2018, qui marque l’anniversaire de la signature du protocole facultatif de la convention relative aux droits de l’enfant ratifié par la RD Congo le 11 novembre 2001 et qui vise à éliminer l’enrôlement d’enfants de moins de 18 ans au sein de groupes armés, la Monusco a appelé à mettre un terme à l’impunité envers les auteurs de recrutements d’enfants mais également envers toute personne commettant de graves violations des droits de l’homme à l’encontre des enfants dans les situations de conflits. Pour cela, la Monusco s’est déclarée prête à soutenir la justice militaire.

En effet, rien que pour l’année 2017, un total de 2 360 enfants dont 271 filles ont été séparés des groupes et milices armés en RDC. En province du Nord-Kivu, la plupart des enfants ont été séparés principalement des groupes armés Nyatura, Raïa Mutomboki, Mai Mai Mazembe, FDLR Foca et NDC-Rénové.

Selon l’unité d’exécution du programme National de désarmement, démobilisation et réinsertion, 30% des membres des groupes armés sont des garçons ou des filles mineurs. Ils sont utilisés comme cuisiniers ou porteurs. Les filles quant à elles sont souvent employées à des fins sexuelles selon Thierry Dentice, chef de bureau de l’UNICEF zone Est.

Les violations contre les enfants ont pris des proportions alarmantes en 2017, avec un total de 3.823 cas de violations graves des droits de l’enfant dans les conflits agitant la RDC. Pour les Nations Unies, l’année 2017 a été l’année la plus dévastatrice pour les enfants. Une augmentation de 66 % a été observée par rapport à l’année précédente !

Malgré cela, la Monusco a félicité les FARDC pour les efforts fournis pour mettre fin au recrutement d’enfants au sein des FARDC. C’est ainsi qu’en octobre 2017, les FARDC ont été enlevées de la “liste noire” pour le recrutement d’enfants soldats. Il reste néanmoins à redoubler d’efforts pour faire sortir des groupes armés qui pullulent tous les enfants soldats, qu’ils soient combattants, cuisiniers ou victimes d’esclavage sexuel.

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