Tunisie: le directeur de la Banque centrale sur la sellette

Tunisie: le directeur de la Banque centrale sur la sellette

Le chef du gouvernement tunisien a demandé la révocation du directeur de la Banque centrale, a indiqué un porte-parole gouvernemental, après que la Tunisie a été classée sur la liste noire européenne en matière de blanchiment d’argent.

« Le chef du gouvernement a entamé la procédure de limogeage du directeur de la Banque centrale », a indiqué à l’AFP Mofdi Mseddi, porte-parole du Premier ministre Youssef Chahed.

Cette révocation doit encore être entérinée par le Parlement, avec la majorité absolue, en vertu de la Constitution.

Cette décision intervient quelques heures après que le Parlement européen a confirmé le classement de la Tunisie sur sa liste noire en matière de blanchiment.

Le Parlement européen a indiqué dans un communiqué ne pas avoir mis son véto à l’inclusion de la Tunisie « dans la liste des pays tiers considérés comme présentant des déficiences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ».

La liste des pays tiers à risque est compilée par la Commission européenne qui suit habituellement les recommandations du GAFI (groupe d’action financière international).

Dans la foulée d’une décision identique de cet organisme multilatéral de lutte contre le blanchiment d’argent, la Commission a donc inscrit mi-décembre 2017 la Tunisie, le Sri Lanka et Trinidad et Tobago sur sa liste noire.

Le rapport de la Tunisie au GAFI a été rédigé par une commission dépendant de la Banque centrale tunisienne.

La polémique était d’autant plus vive en Tunisie lundi, que le pays s’apprête à emprunter sur les marchés internationaux pour boucler son budget et qu’il vient de sortir de la liste noire européenne des paradis fiscaux, où il avait été placé fin 2017.

Lors d’une rencontre lundi avec la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui lui avait signalé son irritation que la Tunisie ait été temporairement inscrite dans sa liste des paradis fiscaux.

« Nous voulons des signaux forts pour confirmer l’engagement de l’Union européenne aux côtés de la Tunisie dans la transition démocratique », avait martelé M. Jhinaoui.​

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