L’insécurité au Sud-Kivu, 37 personnes tuées en un mois

L’insécurité au Sud-Kivu, 37 personnes tuées en un mois

 Esther Nsapu, Correspondante dans l’est de la RDC

« Je ferai de la sécurité mon cheval de batail », a lancé Claude Nyamugabo, gouverneur de la province du Sud-Kivu, lors de son discours d’investiture à Bukavu.

Ces paroles ne sont pas vues d’un bon œil par certaines structures des défenses des droits humains réunies en synergie avec les associations des jeunes pour l’éducation civique, électorale et la promotion des droits de l’homme (SAJECEK).

« Nos enquêtes ont révélé que c’est depuis l’entrée en fonction du nouveau gouverneur au Sud-Kivu, que la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. Pour le seul mois de janvier 2018, la province du Sud-Kivu a enregistré 37 personnes tuées, 86 maisons attaquées par des bandits armés, et une multitude de véhicules pillés par des coupeurs des routes », a indiqué Robert Njangala, coordonnateur de SAJECEK.

Selon lui, 20 personnes ont été tuées à Bukavu, 8 à Kabare, 3 à Walungu, 2 à Uvira et 4 autres en territoire de Fizi.

Dans son 48e bulletin rendu public le 31 janvier dernier, cette organisation est revenue sur certains cas d’insécurité enregistrés dans la ville mais également en province du Sud-Kivu sans que les coupables ne soient inquiétés.

 « Plusieurs maisons, boutiques et magasins sont aujourd’hui visités par des bandits armés, et cela au moins quotidiennement. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons connu un cas de braquage en pleine journée perpétré par des hommes en armes, où environs 17 personnes ont été blessées et 2 tuées par une grenade. Dans la pleine de la Ruzizi, il est actuellement difficile pour un véhicule d’y circuler sans se heurter aux coupeurs de routes. Le territoire de Fizi est également frappé par des incursions des éléments de groupes armés. Les habitants vivent donc avec la peur au ventre suite à cette insécurité grandissante ».

Le 21 janvier dernier, Claude Nyamugabo avait totalisé 100 jours à la tête de la province du Sud-Kivu, où il s’est lui-même félicité de ses réalisations. Devant ses invités, le gouverneur avait mentionné que « la sécurité des biens et des personnes s’est améliorée en dépit de quelques cas isolés », tout en indiquant le début des patrouilles mixtes entre la Monusco et les forces de l’ordre.

Robert Njangala ajoute que le bilan fait par le gouverneur lors de ses 100 jours est négatif, vu la hausse de l’insécurité dans la ville et ses environs. Selon lui, les autorités devraient prendre en compte la priorité qui est celle de la protection de civils et de leurs biens.

Cependant, il propose une table ronde sur la sécurité dans la province du Sud-Kivu afin de trouver des solutions aux problèmes sécuritaires mais également  la récupération des armes qui circulent dans la province avant que le pire n’arrive !

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