RDC: Crise belgo-congolaise: Kinshasa choisit l’escalade

RDC: Crise belgo-congolaise: Kinshasa choisit l’escalade

La République démocratique du Congo (RDC) a demandé à la Belgique de fermer son consulat général à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Haut-Katanga (sud-est). Cela s’ajoute à la réduction des fréquences imposée à la compagnie aérienne Brussels Airlines.
 

Les autorités de Kinshasa accusent la Belgique d' »activisme » contre le régime du président Joseph Kabila, ont indiqué lundi soir une source diplomatique congolaise et un conseiller présidentiel. Dans le même temps, la RDC a décidé de fermer, dans un souci de réciprocité, son consulat à Anvers, a déclaré cette source diplomatique à l’agence Belga, confirmant des informations publiées notamment par le magazine ‘Jeune Afrique’.
 
La « note verbale » signifiant cette double décision devait arriver lundi soir ou ce mardi à l’ambassade de Belgique à Kinshasa, a ajouté cette source. « La décision a été prise hier (dimanche) » et a été « notifiée par note verbale » à la Belgique, a confirmé par SMS à l’AFP un conseiller du président Joseph Kabila. « On a été avertis que la note verbale arrivait mais à 18h00 on n’a encore rien reçu », a-t-on précisé de sources diplomatiques belges. A Bruxelles, le ministère des Affaires étrangères a affirmé « ne rien pouvoir confirmer », tout en admettant s’attendre à de telles mesures.
 
Diminution des fréquences aériennes
Cette décision concernant les deux consulats intervient alors que les autorités viennent d’annoncer la réduction des fréquences des vols de Brussels Airlines entre Bruxelles et Kinshasa de sept à quatre par semaine – qui n’entrera toutefois pas immédiatement en vigueur, selon la compagnie.
 
Le ministère congolais des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale avait déjà officialisé le 25 janvier sa demande de « cessation immédiate » des activités de la nouvelle agence belge de développement (Enabel) et de « démantèlement du dispositif consulaire » dit Maison Schengen à Kinshasa – une sorte de consulat européen géré par la Belgique -, ajoutant en substance que la RDC n’avait pas besoin de l’aide à la coopération de la Belgique.
 
Révision de la coopération belge
 
Kinshasa ripostait ainsi à l’annonce, le 10 janvier, par les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Didier Reynders et Alexander De Croo, d' »une révision fondamentale » de la coopération avec les autorités congolaises jusqu’à « l’organisation d’élections crédibles » en RDC.
 
Le consulat général de Lubumbashi est, avec l’ambassade, le poste diplomatique dont la Belgique dispose en RDC, après la fermeture de celui établi à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est) en juin 2008, au plus fort d’une autre crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa. Le consulat de Lubumbashi avait ensuite rouvert ses portes après une énième réconciliation belgo-congolaise.
 
« C’est un retour à la situation de 2008″, a commenté lundi la source diplomatique à l’agence Belga en dénonçant l' »activisme » de la Belgique, et en particulier celui de M. Reynders, contre le régime du président Kabila.
 
Coopération militaire interrompue en 2017
 
Kinshasa avait déjà brutalement interrompu le 14 avril 2017 la coopération militaire belgo-congolaise mise sur pied en 2003, à la suite de critiques de M. Reynders sur le choix du nouveau Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, un ancien opposant, choix qui ne correspondait pas à l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, qui avait prolongé Joseph Kabila au pouvoir pour un an.
 
Le climat politique est très tendu en RDC, où le second mandat du chef de l’Etat a pris fin le 19 décembre 2016, alors qu’une interprétation controversée de la Constitution lui permet de rester au pouvoir jusqu’à l’investiture de son successeur élu. Des élections prévues fin décembre 2017 ont finalement été reportées au 23 décembre 2018.

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