RDC : « Kabila désire » garder Kabila coûte que coûte

RDC : « Kabila désire » garder Kabila coûte que coûte

Commentaire Par Hubert Leclercq

C’est le scénario que des participants à la grand-messe du PPRD avaient évoqué, jeudi dernier dans lalibreafrique.be.

En optant pour un président et un vice-président, désigné par l’initiateur (Joseph Kabila) du parti et éjectable par la simple volonté de ce dernier tous les trois mois, sans oublier un secrétaire général permanent chargé de faire « tourner la boutique », le PPRD s’inscrivait dans les pas du système sud-africain dans lequel le président du parti qui a remporté les législatives devient quasi automatiquement le président de la République.

Dans la foulée de cette lecture des nouveaux statuts du parti, Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité parlementaire et président de l’Assemblée nationale, avait été chargé de faire le tour des partis de la majorité pour leur présenter ces nouveaux statuts et évoquer avec eux les avantages de cette nouvelle structure qui s’inscrit aussi dans la suite du vote de la nouvelle loi électorale qui va mettre fin aux élus indépendants et favoriser les grands ensembles politiques. Une mission que Minaku a dû remplir avec zèle, lui qui a été félicité, samedi dernier, par le président lui-même, lors de la réunion hebdomadaire des cadres du PPRD dans la ferme de Kingakati, dans la périphérie de Kinshasa.

Ce lundi, c’est au tour de Kin-Kiey Mulumba, un des principaux zélateurs du chef de l’Etat, suivi par ces habituels pompom-boys sur les réseaux sociaux, de lancer un ballon d’essai en ligne. « La présidentielle pourrait se dérouler au sein d’un corps électoral plus réduit (exemple sud-af) », écrit-il avant de justifier ce choix par « Economie des moyens. Economie de temps ». Et comme si cela ne suffisait pas, l’élu de Masi Manimba, ancien ministre des Postes congolaises, notamment, explique sans sourciller : « corps électoral réduit, meilleure maîtrise des opérations », avant, comble du comble, d’affirmer, toujours dans le même message : « Reduction risques de fraude. » Et pour emballer le tout dans un linceul démocratique, il termine par « Mais tout cela est débat ».

Le scénario est cousu de fil blanc. Les arguments éculés. La majorité présidentielle congolaise apparaît de plus en plus énervée par les marches des catholiques, les critiques internationales et la pression d’un calendrier électoral qu’elle a publié en urgence pour satisfaire a minima les observateurs internationaux. Aujourd’hui, elle donne l’impresson de gigoter en tous sens pour trouver une parade qui devra, quoi qu’il arrive, se confronter à la volonté du peuple. Une nouvelle fuite en avant d’un régime aux abois. Un régime qui ne peut imaginer une quelconque alternance à la tête de l’Etat et dans lequel le président Kabila apparaît comme le seul monarque possible. « Humiliant pour tous les cadres du parti », expliquait jeudi un de ces cadres qui ajoutait : « si on n’est pas d’accord, on disparaît ».

Le pouvoir en RDC est déterminé à conserver ses acquis et à faire payer le coût de cette détermination à tous ceux qui oseraient se dresser sur sa route.

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