RDC: rétorsions de la RDC envers la Belgique: Bruxelles corrige les chiffres

RDC: rétorsions de la RDC envers la Belgique: Bruxelles corrige les chiffres

Par Marie-France Cros.

Le régime du président hors mandat Joseph Kabila a signifié mercredi à la Belgique sa volonté de fermer l’agence belge de coopération au développement ainsi que la Maison Schengen, gérée par l’ancienne puissance coloniale au nom des autres pays de l’espace Schengen pour délivrer des visas aux demandeurs congolais.

Un document non signé a d’abord circulé mercredi après-midi sur les réseaux sociaux mais Bruxelles n’avait rien reçu, ce qui permettait de douter de la véracité du document. Dans la nuit, cependant, la nouvelle était confirmée officieusement à Kinshasa auprès du site congolais Actualités.cd et auprès de l’AFP. Selon les informations de La Libre Afrique.be, le document serait parvenu aux autorités belges.

La modification de la coopération belge

Un communiqué de presse du ministère congolais des Affaires étrangères parvenu à La Libre Afrique.be, indique que Kinshasa réagit ainsi à l’annonce, le 10 janvier dernier, par la Belgique, d’une modification de sa coopération avec la République démocratique du Congo https://afrique.lalibre.be/13314/rdc-la-belgique-aidera-directement-la-population-congolaise/. Cette décision avait été prise en raison des efforts du président Kabila pour se maintenir au pouvoir malgré la fin en décembre 2016 de son dernier mandat constitutionnel et de la répression violente de toute contestation de sa volonté.

Selon le communiqué du ministère congolais, daté de mercredi, Kinshasa réclame « la cessation immédiate » des activités de la nouvelle agence belge de coopération au développement, Enabel, « son développement en RDC ne se justifiant plus suite à la décision belge ». Quant à la décision de fermer la Maison Schengen, mise en place depuis 2010, elle va obliger, note Kinshasa, les ambassades concernées à « reprendre leurs responsabilités » en matière de visa « dans un délai qui sera communiqué par voie diplomatique ».

La Commission européenne n’a pas désiré commenter cette affirmation. Il paraît peu vraisemblable, toutefois, que Kinshasa décide d’affaires européennes. La Maison Schengen est une annexe à la section consulaire de l’ambassade de Belgique; celle-ci devrait logiquement continuer à assurer ses missions.

Le régime laisse percer son amertume

Kinshasa laisse cependant percer son amertume puisque le communiqué ajoute que « la coopération au développement belge n’est ni indispensable aux autorités congolaises ni vitale pour la vaillante et mature population de RDC et, du reste, n’a pas été demandée par les autorités congolaises. Certains partenaires mieux disants peuvent par contre aligner à vue d’œil des réalisations que la population et les autorités congolaises utilisent avec satisfaction au quotidien ». Et d’assurer que « près de 50% de l’enveloppe globale de cette dite aide sert à la rémunération du personnel expatrié du pays donateur ».

Au ban des nations après une nouvelle répression sanglante de marches pacifiques de chrétiens, dimanche dernier, le ministère congolais se prend un peu les pieds dans son argumentation, en attribuant à la Belgique la responsabilité du bien-être ou du mal-être des Congolais depuis l’indépendance: «  »Il y a légitimement lieu de se demander ce que la Belgique peut encore faire pour le peuple congolais qu’elle n’a pas pu faire ni pendant les 80 ans d’une colonisation des plus atroces, ni pendant la période post-coloniale ».

Interrogé par La Libre Afrique.be sur la véracité des « 50% » du budget de la coopération belge servant à payer les salaires des expatriés belges, le porte-parole du ministre belge de la Coopération, Alexander De Croo, a indiqué: « En 2017, les dépenses de la coopération belge au Congo ont atteint 36,2 millions d’euros, dont 5,3 millions ont servi à payer des salaires aux expatriés belges, soit 14% ».

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos