OPINION: le peuple congolais est debout et déterminé

OPINION: le peuple congolais est debout et déterminé

Par Jean Jacques LUMUMBA, activiste/ Lanceur d’alerte et Floribert ANZULUNI, Coordonnateur du mouvement citoyen FILIMBI

Bien que tragiques et révoltants, les événements des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 nous ont, une fois de plus, remémoré cette phrase emblématique, et toujours d’actualité, de Patrick Emery Lumumba, l’un des pères de notre indépendance : «L’histoire du Congo ne s’écrira ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Washington mais au Congo ».

Par ces mots, nous rendons un vibrant hommage à nos compatriotes, martyrs de la liberté et de la démocratie, tombés sous les balles du régime barbare du tyran Joseph Kabila. Nous adressons nos sincères condoléances aux membres de leurs familles ainsi qu’à leurs proches, et nous engageons à les ériger en modèles afin que leurs histoires soient désormais enseignées à nos futures générations.

Nous félicitons l’ensemble du peuple congolais pour sa détermination à faire échec au régime dictatorial instauré par l’illégitime et illégal Joseph Kabila, appuyé par ses complices internes, parmi lesquels de piètres récidivistes, et externes. Seule notre lutte et notre résistance pacifique nous permettront de recouvrer notre liberté et notre dignité mais également d’exiger des conditions de vie plus décentes.

Nous adressons nos sincères remerciements et félicitations, pour leur engagement en faveur du changement des mentalités et de la prise de conscience collective, au Comité Laïc de Coordination (CLC), autour duquel s’articule la mobilisation citoyenne et pacifique, à l’Eglise catholique, à travers notamment le Cardinal Monsengwo, nos évêques, prêtres et tous les animateurs qui la composent, et au pasteur Ekofo, de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), dont le prêche du 16 janvier dernier a rencontré les principales préoccupations des citoyens. Nous encourageons toutes les autres confessions religieuses à se joindre au peuple congolais et la diaspora congolaise aux quatre coins du monde à poursuivre la mobilisation citoyenne non partisane, et à promouvoir de grandes actions communes car ensemble nous sommes plus forts.

Nous rappelons aux dirigeants des Etats et organisations membres de la Communauté Internationale que Joseph Kabila est aujourd’hui le principal facteur d’instabilité en République Démocratique du Congo, la grave crise politique, sécuritaire, économique et sociale actuelle étant principalement liée à son maintien par la force et la ruse au-delà de son second et dernier mandat constitutionnel échu le 19 décembre 2016. Depuis la répression féroce des dernières marches pacifiques appelées par le CLC et soutenues par tous, nous regrettons, pour certains, votre silence complice, et pour d’autres, votre complicité passive au vu de vos faibles réactions à travers des condamnations répétitives et sans réel impact, certains allant jusqu’à s’opposer à des nouvelles sanctions ciblées qui permettraient à coup sûr de fragiliser d’avantage certains piliers du régime dictatorial.

Nous nous permettons de vous rappeler que le peuple libéré rejettera tout accord commercial ou de coopération signé dans les conditions actuelles. La victoire du peuple étant inéluctable, le peuple congolais se souviendra de ceux qui auront contribué à sa libération.

Le régime illégal, illégitime et barbare de Joseph Kabila est totalement disqualifié, il ne peut donc plus nous conduire à des élections libres et transparentes. Un régime qui profane les lieux de culte, réprime nos mères, sœurs, prêtres … en plein jour et en utilisant des balles réelles, pendant des processions pacifiques au cours desquelles ils brandissent des bibles et chapelets. Du jamais vu en RDC ! Un régime qui a fusillé une jeune compatriote de 24 ans, Dechade Kapangala, fille d’un officier de la police et aspirante religieuse. Pire encore, un régime qui a osé lancer des grenades lacrymogènes à l’intérieur d’une maternité tenue par des religieuses, causant la mort d’au moins un nourrisson et l’asphyxie d’une dizaine d’autres. La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), dont la mission de protection des civils semble avoir été substituée par la comptabilisation des morts et blessés, est témoin de ces actes barbares.

La lutte pacifique ainsi entamée se poursuivra jusqu’à la chute de la tyrannie car toutes les options de résolution par le dialogue ont été franchies et piétinées par les ennemis internes et externes du Congo.

Fait à Bruxelles, le 23 janvier 2018

Que pensez-vous de cet article?