Cameroun: depuis sa prison, un ancien proche de Biya accuse le gouvernement d' »immobilisme »

Cameroun: depuis sa prison, un ancien proche de Biya accuse le gouvernement d' »immobilisme »

Un ancien proche du président camerounais Paul Biya, Marafa Hamidou Yaya, écroué depuis 2012 pour détournement de fonds publics, a critiqué « l’immobilisme » de l’exécutif dans une lettre et une vidéo enregistrée depuis sa prison, largement relayée sur les réseaux sociaux.

« Le gouvernement actuel semble frappé d’immobilisme », a-t-il déclaré. « Les paroles du chef de l’État (Paul Biya) se transforment rarement en actes », a ajouté l’ex-secrétaire général à la présidence.

« Qu’est devenu le programme de réhabilitation et de construction des forages d’eau potable pour l’Extrême-Nord, que vous aviez promis en octobre 2011, à Maroua, lors de la campagne présidentielle ? », questionne à titre d’exemple M. Marafa, tout en dressant une liste d’interrogations sur les promesses non tenues de M. Biya.

Le président camerounais, bientôt 85 ans, dirige le pays depuis près de 35 ans. Le Cameroun doit connaître des élections présidentielles à la fin de l’année 2018.

M. Marafa s’est prononcé pour la modification de la Constitution camerounaise afin de réintroduire le principe de la limitation mandats présidentiels à deux mandats – une limitation introduite en 1996 dans la Constitution mais abrogée en 2008 par l’Assemblée dominée par le parti au pouvoir.

Pendant plus de 20 ans, M. Marafa a été une pièce essentielle du régime de M. Biya, occupant notamment les postes de secrétaire général à la présidence et de ministre de l’Administration territoriale (Intérieur).

Ce ministère a longtemps été, sous M. Marafa, l’organisateur des élections, généralement contestées.

En 2012, il a été arrêté et écroué pour des soupçons de détournement de fonds publics. Plusieurs mois après, la justice l’avait reconnu coupable de « coaction de détournement » de 24 milliards de FCFA (plus de 36 millions d’euros) et condamné à 25 ans de prison, avant que la Cour suprême ne ramène à 20 ans d’emprisonnement ferme.

M. Marafa a toujours clamé son innocence, estimant être en prison pour « des motifs exclusivement politiques ». Plusieurs organisations des droits de l’homme ainsi que le Département d’Etat américain le considèrent comme un prisonnier politique.

« En 2011, j’ai conseillé au président Biya de ne pas se représenter. Conseil dont je paie aujourd’hui le prix fort », estimait-il en avril 2010 dans un entretien au magazine Jeune Afrique.

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