Move With Africa 2015 : la fin d’un début

L'édition 2014-2015 de Move With Africa s'est clôturée mercredi 13 mai. Si l'aventure s'arrête là, la réflexion se poursuit...Marie-France Cros

L’édition 2014-2015 de Move With Africa s’est clôturée mercredi 13 mai. Si l’aventure s’arrête là, la réflexion se poursuit…

Voila une nouvelle édition de Move with Africa qui se termine. Après trois années, l’opération initiée et coordonnée par La Libre Belgique en collaboration avec une dizaine d’ONG et autant d’écoles, on peut modestement dire que ce fut une fois encore une belle réussite, en témoignaient les visages rayonnants des participants lors de la rencontre de clôture.

Rassemblés sur le campus du CERIA, les quelque 200 élèves, professeurs et membres des ONG se retrouvaient six mois après s’être rencontrés une première fois lors d’un weekend de formation commun. Tant d’eau ayant coulé sous les ponts, ils se livraient à un débriefing collectif de leur expérience respective. Partis pour les uns en Afrique de l’Ouest, pour les autres dans la région des Grands lacs, le partage de vécus était essentiel.  » C’est ce que l’on appelle la fixation des acquis« , précisait Laurent Deutsch, responsable d’Ile de Paix. Au-delà du terme technique, il était en effet primordial que les participants puissent revenir sur une expérience d’une année scolaire, qu’ils en prennent toute la mesure, qu’ils en calculent la portée.

 » Le partenariat entre un média, la société civile représentée par les ONG et le monde de l’éducation que représentent les écoles est enrichissant pour tout le monde », commentait Éléonore Losseau (DBA) au nom des ONG.  » Les expériences du passé, les témoignages d’anciens participants, l’intérêt grandissant d’autres jeunes mais aussi d’acteurs éducatifs nous font dire que ce n’est pas une si mauvaise idée de permettre à des jeunes d’aller au Sud à la rencontre de l’autre« .

Qu’il est important d’aller voir de ses propres yeux, de se rendre compte par soi-même de ce qu’il se passe ailleurs !

Les jeunes ayant vécu des séjours bien différents se mettaient d’accord sur ceci :  » Qu’il est important d’aller voir de ses propres yeux, de se rendre compte par soi-même de ce qu’il se passe ailleurs ! », et d’égratigner par la même occasion les médias en qui ils manquent de confiance… Le souhait de continuer à se mettre en mouvement et à exercer un regard critique sur les réalités observées transparaissait chez chacun d’eux. Éléonore Losseau ponctuait alors avec ces mots :  » Le monde de demain sera comme nous le façonnerons et nous tous, nous pouvons y laisser votre marque, individuellement mais aussi collectivement. »

La parole était par ailleurs données aux professeurs, forces motrice du projet. Ils s’adressaient à leurs élèves, dont ils saluaient la détermination, l’ouverture et le courage; aux personnes rencontrées en Afrique, aux ONG, à La Libre et, enfin, aux lecteurs du quotidien, ils adressaient un message d’espoir, de confiance et… d’audace :  » Osez regarder la jeunesse, osez ouvrir les yeux sur ces jeunes qui bougent, qui ont des convictions, qui se livrent pour un monde meilleur. Osez croire en eux !« , disait en substance Jonathan Ndombe.  » Chaque année, on va une couche plus loin dans la réflexion« , se réjouissait Dolorès Fourneau à l’issue du débriefing.

Le choix de l’égoïsme ou de la solidarité

Le mot de la fin revenait au directeur général du groupe de presse IPM, qui avertissait les jeunes :  » A l’aube de l’année 2050, nous serons 12 milliards personnes sur terre. L’année 2050 sera aussi l’année ou nous aurons épuisé toutes les réserves connues de pétrole. Les réserves de zinc, d’uranium et de nickel auront été épuisées depuis longtemps et les réserves de fer et d’aluminium suivront quelques années plus tard. Avons-nous vraiment le choix entre solidarité et égoïsme ? Car ces quelques chiffres montrent bien que la tentative de repli sur soi, la vanité de croire que nous sommes meilleurs que le voisin et donc de le considérer comme une charge plus tôt que comme un atout mènera ce monde tout droit à sa catastrophe. Ce n’est qu’ensemble que nous trouverons les solutions, ce n’est qu’ensemble que nous survivrons. Nous devons être solidaires non pas par grandeur d’âme mais et, c’est peut-être là le paradoxe ultime, par intérêt. Ces qualités de solidarité et d’ouverture vers l’autre seront donc la qualité essentielle de la femme et de l’homme de demain. Nous espérons les avoir fait grandir en vous grâce à Move With Africa« .

Les élèves, médusés, semblaient prendre conscience que le pas fait dans cette direction ne fut ni vain ni anodin.  » Maintenant, ce sont les examens… On va tout donner !« , souriait Soufiane en quittant le CERIA.

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