Rapport mondial HRW: Violence politique, attaques et liberté d’expression muselée en RDC

Rapport mondial HRW: Violence politique, attaques et liberté d’expression muselée en RDC

Le rapport mondial publié jeudi par Human Rights Watch (HRW) n’épingle pas la Belgique mais consacre un chapitre très sévère à la situation en République Démocratique du Congo pour l’année 2017. L’organisation de défense des droits humains pointe entre autres la violence politique qui y règne, les nombreuses attaques perpétrées au cours de l’année contre les civils et de très importants manquements en matière de liberté d’expression ou dans l’administration de la justice. Selon HRW, la violence politique et les mesures de répression du gouvernement se sont poursuivies en 2017, alors que le président Joseph Kabila se maintenait au pouvoir et ce, alors que de nombreux principes de base de l’accord de partage du pouvoir signé fin 2016 restaient lettre morte.

Par ailleurs, le régime a « systématiquement cherché à faire taire, réprimer et intimider l’opposition politique, les défenseurs des droits humains et les activistes pro-démocratie, les journalistes et les manifestants pacifiques », note encore HRW.
La société civile et l’opposition ont été en ligne de mire de la répression exercée par le pouvoir. Tout au long de 2017, le régime a systématiquement et à maintes reprises interdit les manifestations de l’opposition, fermé des médias et empêché des dirigeants de l’opposition de se déplacer librement, indique le rapport. « Ils ont emprisonné plus de 300 dirigeants et partisans de l’opposition, journalistes, défenseurs des droits humains et activistes pro-démocratie ».
Une répression qui s’est à plusieurs reprises exprimée dans le sang. Ainsi, le rapport mentionne que les forces de sécurité ont tué au moins 90 personnes dans le cadre d’une répression visant les membres de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo à Kinshasa et dans la province du Kongo Central entre janvier et mars, ainsi qu’en août 2017.
Entre août 2016 et septembre 2017, des actes de violence impliquant les forces de sécurité congolaises, des milices soutenues par le gouvernement et des groupes armés locaux ont fait jusqu’à 5.000 morts dans la région du Kasaï, dans le sud du pays, dénonce encore le rapport. Six cents écoles ont été attaquées ou détruites et 1,4 million de personnes ont été déplacées.
HRW dénonce aussi qu’au moins 40 journalistes ont été détenus en 2017 et d’autres ont été empêchés de faire leur travail.
Plus de 100 groupes armés restaient actifs dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.
Enfin, déplore encore HRW, la situation humanitaire en RDC s’est considérablement détériorée, marquée par la plus grande crise de déplacement d’Afrique en 2017, par une famine susceptible de frapper 7,7 millions de Congolais et par une épidémie de choléra qui s’est propagée à travers le pays.​

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