Congo: première mise en oeuvre des accords de paix dans le Pool

Congo: première mise en oeuvre des accords de paix dans le Pool

Le gouvernement congolais et les ex-rebelles du Pool se sont rencontrés pour la première fois mercredi à Brazzaville pour l’application d’un accord de cessez-le-feu signé le 23 décembre 2017 en République du Congo. « Il y a un temps pour tout: un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix. Le temps de la paix est arrivé », a déclaré le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou en lançant les travaux de cette « commission paritaire » avec les représentants de l’ex-chef rebelle Frédéric Bintsamou alias pasteur Ntumi.

« La population du Pool ne mérite pas ce qu’elle subit voilà déjà plus d’une année », a insisté le ministre.

Les rebelles du Pool, une région fertile au sud de Brazzaville, avaient pris les armes en contestant la réélection du président Denis Sassou Nguesso en avril 2016.

Hors présence médiatique, les attaques des rebelles et la réponse militaire avaient mis 138.000 personnes en situation humanitaire difficile dans ce pays d’Afrique centrale d’à peine cinq millions d’habitants.

Les violences avaient aussi entraîné l’arrêt en novembre 2016 de l’exploitation du chemin de fer Congo-Océan entre Brazzaville et Pointe Noire, principal axe du pays.

Les douze représentants du gouvernement et ceux en nombre égal du pasteur Ntumi vont discuter pendant trois ou quatre jours, selon le ministère de l’Intérieur.

Ils devraient entre autres débattre du sort réservé au pasteur Ntumi toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, après avoir élaboré un calendrier pour l’application de l’accord.

La délégation de l’ancien chef rebelle est conduite par Ané Philippe Bibi, un proche resté avec le pasteur Ntumi dans le maquis depuis l’éclatement du conflit en avril 2016.

Il est secondé par Jean-Gustave Ntondo qui a signé, le 23 décembre à Kinkala (chef-lieu du Pool), l’accord de cessez-le-feu, avec un représentant du gouvernement.

Selon cet accord, le pasteur s’engageait à « faciliter le ramassage des armes détenues par les ex-combattants » et à « ne créer aucune entrave » au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans le département du Pool.

Le gouvernement s’engageait lui à garantir « le processus de démobilisation, de réinsertion professionnelle, sociale et économique des ex-combattants après le ramassage des armes ».

Il allait aussi garantir « la réinstallation des populations dans leurs localités d’origine » et la « libre circulation des personnes, des biens et des services dans le département du Pool ».​

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