Tanzanie: des accusés se dénudent pour dénoncer le retard de leur procès

Tanzanie: des accusés se dénudent pour dénoncer le retard de leur procès

Une vingtaine d’accusés musulmans, détenus depuis 2013 en Tanzanie pour des actes de « terrorisme » présumés, se sont déshabillés mardi en sortant du bus les amenant au tribunal pour réclamer l’ouverture de leur procès, a-t-on appris mercredi auprès d’un témoin de la scène. « C’était le matin, juste à l’heure de l’ouverture » du tribunal, a indiqué à l’AFP ce témoin joint par téléphone et souhaitant garder l’anonymat. « Sur la soixantaine d’accusés qui se trouvaient dans le bus de la prison, dix-neuf sont descendus complètement nus, prenant de court tout le monde. »

« Les forces de l’ordre les ont immédiatement dirigés vers un cachot en face de la salle d’audience. On les entendait clamer qu’ils en avaient marre du retard pris par l’accusation pour terminer les enquêtes afin que leur procès puisse démarrer », a ajouté le témoin.

Plusieurs médias locaux, dont le quotidien gouvernemental Habari Leo, ont rapporté que les accusés nus, des hommes, ont été priés par les forces de l’ordre de se rhabiller. Ils ont refusé et le tribunal a décidé de faire comparaître uniquement ceux qui étaient habillés.

Le représentant du ministère public, Augustino Kombo, a informé la Cour que les enquêtes n’étaient pas terminées, et l’audience a alors été ajournée au 30 janvier, a précisé le quotidien Mwananchi.

Joint par Habari Leo, un autre représentant du ministère public, Maternus Marandu, a qualifié d' »immoral » le comportement de ces détenus. Il a justifié la durée de l’enquête par sa complexité, qui nécessite selon lui des investigations non seulement en Tanzanie, mais aussi à l’étranger.

Les 61 suspects, parmi lesquels des responsables musulmans et des fidèles, dont quelques femmes, avaient pour la plupart été arrêtés à Arusha, dans le nord du pays, après une série d’attaques ayant fait plusieurs morts dans cette ville majoritairement chrétienne, notamment contre des bars et des restaurants.

Une de ces attaques avait visé début mai 2013 une église neuve, où se déroulait une messe inaugurale en la présence du nonce apostolique en Tanzanie, l’archevêque Mgr Francisco Montecillo Padilla. Les prévenus nient toute implication dans ces violences.

En mars 2017, ils avaient déjà menacé de boycotter les audiences de procédure, si le procureur n’arrivait pas à boucler rapidement ses enquêtes.​

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