RDC: Credendo ne couvre plus les investissements belges au Congo

RDC: Credendo ne couvre plus les investissements belges au Congo

 Par Marie-France Cros.
 
La situation politique en République démocratique du Congo (RDC) a poussé Credendo (Ducroire), organisme public belge de garantie des exportations et des investissements à l’étranger, à ne plus assurer les opérations dans ce pays. C’est ce qu’a indiqué lundi à La Libre Afrique.be Mme Louise Van Cauwenbergh, analyste du risque pour l’Afrique sub-saharienne chez Credendo.
 

C’est en 2016 que Credendo a décidé de ne plus couvrir les transactions à long terme (plus d’un an) pour les investissements mais aussi les exportations au Congo « en raison de la situation politique », explique Mme Van Cauwenbergh à La Libre Afrique. be.
 
Très peu de devises pour payer
 
Depuis novembre 2017 – époque à laquelle la Commission électorale de RDC a annoncé que les scrutins auraient lieu le 23 décembre 2018 au lieu de se tenir en décembre 2017 – « nous avons aussi décidé de ne plus couvrir les transactions commerciales courantes ». Et cela pour diverses raisons, explique l’analyste du risque.
 
D’abord, à cause du niveau des réserves de devises de la Banque Centrale du Congo, « qui a encore baissé. Kinshasa n’a plus que deux semaines de paiement des importations au maximum. C’est très peu. Si nous couvrons une opération d’exportation, il y a donc de gros risques qu’elle ne sera pas payée, faute de devises ».
En outre, la situation politique s’est également aggravée. L’Accord de la St-Sylvestre 2016, qui balisait le chemin vers des élections consensuelles en décembre 2017, n’a pas été respecté par le gouvernement du président Joseph Kabila, hors mandat depuis décembre 2016 déjà. S’y ajoute la répression sanglante des marches pacifiques pour réclamer la mise en œuvre de l’Accord de la St-Sylvestre, le 31 décembre dernier. « On a vu qu’il n’y avait pas d’intention de tenir des élections et que l’on pouvait donc attendre une déterioration de la situation dans les mois à venir », poursuit Mme Van Cauwenbergh.
 
Nouvelles sanctions prévisibles
 
Troisième point, ajoute-t-elle: « de nouvelles sanctions internationales sont très possibles, en particulier contre les entreprises liées à Joseph Kabila, ce qui va rendre le business encore plus difficile ».
 
Enfin, termine l’analyste, « les conflits (à l’est, au Kasaï, au Katanga) augmentent dans tout le pays: des conflits locaux déstabilisent des régions, engendrant des millions de déplacés et plaçant de très nombreuses personnes dans une situation de risque de famine. Cela permet à Joseph Kabila de ne pas organiser les élections. On peut donc s’attendre à ce que la situation empire encore ». « Une solution pacifique semble de plus en plus éloignée ».
 
Credendo a donc décidé de ne plus couvrir non plus les opérations à court terme.

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