Opinion: Burundi – Nous Rentrerons

Opinion: Burundi – Nous Rentrerons

Par David Gakunzi.

Une autre année qui s’en va et nous en sommes encore là : la violence, la terreur, l’obscurantisme religieux et ethnique trônent toujours au sommet de l’Etat. Le Burundi, désormais pays le plus pauvre du monde, soumis au gré des divagations et velléités de grandeur puériles d’un personnage limité, insignifiant, accoutumé au crime, jamais rassasié de carnage, ne s’éprouvant vivant que nourri de cadavres et du martyr de ses contemporains.

Sur son ordre, combien de jeunes torturés, massacrés ? Combien de femmes outragées, martyrisées ? Combien de Burundais jetés sur les chemins de l’exil ? Sous son règne, le Burundi s’est inlassablement, inexorablement éloigné de l’esprit du monde qui va vers l’avant ; sous son règne, le Burundi est devenu une triste terre famélique, misérable, rackettant et détroussant jusqu’aux plus indigents.

L’espoir d’un destin commun sous le signe du respect de la vie et de la loi communément établie, scellé à Arusha sous l’aura de Nelson Mandela, a été trahi par ce funeste hors-la-loi despotique invoquant Dieu à tout va et plantant son pouvoir dans le sang.

Cette année encore, beaucoup de larmes. Cette année encore, beaucoup de Burundais de toutes naissances et de toutes opinions, refusant la dictature, fracassés dans leurs vies et leurs espérances.

Esclave du pouvoir, l’homme par qui tout ce malheur est arrivé, vit, le sommeil de moins en moins léger, la déraison du trône à vie à jamais obsessionnelle. Qu’espère-t-il ainsi, la frénésie de la possession insatiable, gouffre profond? Qu’il est possible de régner jusqu’à la fin des temps sur les hommes ? Viendra un matin et le vent aura tourné : il ne restera de ce médiocre personnage que le mauvais souvenir du malheur et le goût du néant.

A qui appartient l’aurore ? A qui appartient l’air ? A qui appartient la lumière ? Nous rentrerons. Si la patience s’impose comme sagesse, nous serons patients ; si le courage est le devoir, nous serons audacieux ; mais nous rentrerons, la noblesse de l’esprit haut levée et tout redeviendra possible pour tous et pour toutes. Tout : la justice, la paix, la prospérité, l’égalité.

Il y aura d’autres jours, d’autres matins, d’autres soleils, d’autres saisons pour le Burundi. L’ignominie sera effacée, les monstres nommés, la justice rendue, l’avenir réinventé dans la fraternité.

Bonne année mes ami(e)s. Même dans la douleur de l’exil, ou de l’oppression pour ceux confinés à l’intérieur, que la dignité demeure ce qui vous distingue. Bonne et heureuse année. Que 2018 soit pour vous et les vôtres une année de lait et de miel.

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