« Il faut miser sur l’Afrique »

« Il faut miser sur l’Afrique »

Cette semaine, un air d’Afrique planait le long du lac de Genval, où près de 200 hommes d’affaires africains ont rendu visite à leurs homologues belges. Et il y a du pain sur la planche, car le constat est là : les entreprises belges et wallonnes en particulier, ne tentent pas assez l’aventure africaine. « Il n’y a que 2 % des exportations totales qui partent vers l’Afrique. C’est insuffisant et il faut y remédier« , souligne Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’AWEX, l’agence wallonne pour l’exportation.

Instabilité inquiétante

Les freins des entrepreneurs belges viennent surtout du manque de stabilité politique et sociale de plusieurs pays africains, le cas du Burundi en étant le dernier exemple. « Cela reste très compliqué de s’installer en Afrique » , explique un homme d’affaires wallon.  » Mais à moyen terme, le continent va être intéressant. Maintenant il n’y a pas qu’une Afrique. Chaque pays vit des situations différentes. » Les attentes sont aussi souvent distinctes des deux côtés de la Méditerranée. Les Belges cherchent avant tout de nouveaux marchés sur le Continent noir, comme l’entreprise Delaunoit (ponts roulants) qui explique avoir été « sauvée » de la crise européenne suite à son virage vers l’Afrique. Côté africain, on recherche davantage des « financements pour des projets locaux« , nous explique un journaliste à la chaîne de télévision nationale ivoirienne.

Côte d’Ivoire à l’honneur

La Côte d’Ivoire était justement l’un des pays à l’honneur de ce forum organisé par Africa Rise, une ASBL menée par la diaspora africaine en Belgique. Avec une croissance de 10 % prévue cette année, la Côte d’Ivoire est devenue l’un des moteurs économiques du continent africain. « On a retrouvé la paix et la sécurité, mais il faut encore travailler à la réconciliation nationale« , explique le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, qui espère des « élections apaisées » dans son pays en octobre prochain. Il voit le secteur privé comme moteur de la croissance ivoirienne.

l’Afrique doit améliorer sa gouvernance en misant sur des « institutions fortes » et non « des hommes forts« .

Continent de l’espoir « Mais les entrepreneurs étrangers ne vont pas venir pour nos beaux yeux. Ils demandent de la stabilité. » Selon lui, l’Afrique doit améliorer sa gouvernance en misant sur des « institutions fortes » et non « des hommes forts« . « Il faut miser sur l’Afrique qui va passer du statut du Continent du désespoir à celui de l’espoir. Les potentialités sont énormes. Pourquoi l’Afrique ne pourrait pas faire ce qu’a fait l’Asie ces cinquante dernières années ? »Le drame des migrantsInterrogé sur le drame des migrants africains se rendant en Europe, le Premier ministre a émis un avis tranché sur la question. « On pointe l’Europe du doigt, mais quand vous pointez le doigt vers quelqu’un, il y a quatre autres doigts qui sont tournés vers vous et qui vous interpellent. Nous, Africains, sommes les premiers responsables. Si vous créez de bonnes conditions de vie dans votre pays, les nationaux ne vont plus partir, si ce n’est pour le tourisme. En Côte d’Ivoire, on voit que depuis que la situation s’améliore, la diaspora ivoirienne revient au pays. »

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