Zimbabwe: le chef de l’armée à la retraite, peut-être pour prendre la vice-présidence

Zimbabwe: le chef de l’armée à la retraite, peut-être pour prendre la vice-présidence

Le chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne, le général Constantino Chiwenga, qui a dirigé le coup de force qui a causé la chute de Robert Mugabe, va quitter ses fonctions et pourrait devenir, selon plusieurs sources, vice-président du pays.

Le général Chiwenga « va faire valoir ses droits à la retraite dans l’attente d’un prochain redéploiement », a annoncé lundi le chef de cabinet du nouveau président Emmerson Mnangagwa, Misheck Sibanda, dans un bref communiqué.

Sibanda n’a pas donné de précision sur sa future affectation.

Parmi d’autres, le responsable de l’ONG Human Rights Watch (HRW) pour l’Afrique australe, Dewa Mavhinga, a affirmé que la retraite de l’officier précédait « ‘probablement un redéploiement pour devenir vice-président ».

Cette annonce intervient quelques heures après l’annonce par l’armée de la fin officielle de l’intervention qui a précipité, le mois dernier, la fin des trente-sept ans du règne sans partage exercé par l’ex-président Robert Mugabe sur le pays.

Traditionnels soutiens du régime depuis l’indépendance du pays en 1980, les militaires sont intervenus dans la nuit du 14 au 15 novembre dans les rues d’Harare pour dénoncer le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Placé en résidence surveillée, M. Mugabe, 93 ans, a démissionné une semaine plus tard, lâché par son parti.

« Les forces de défense et de sécurité prononcent la fin de l’opération +Restaurer la légalité+ », a annoncé le commandant de l’armée de terre du pays, le général Phillip Valerio Sibanda.

« La normalité règne à nouveau dans notre pays. Nous voulons remercier tous les Zimbabwéens pour leur soutien, leur patience et leur compréhension pendant les cinq semaines de l’opération », a poursuivi l’officier lors d’une conférence de presse.

Le coup de force des militaires visait à empêcher la Première dame Grace Mugabe de succéder à son mari. C’est elle qui avait obtenu le départ du vice-président, considéré jusque-là comme le dauphin du « camarade Bob ».

  1. Mnangagwa a été investi président par intérim jusqu’aux élections prévues à la mi-2018.

Le général Sibanda a mis en garde contre les soutiens de Mme Mugabe, qualifiés de « mécontents et saboteurs » qui veulent « troubler la paix et la tranquillité » du pays.

Le chef du cabinet du président a également annoncé lundi la retraite du chef de la police du pays, Augustine Chihuri, considéré comme un proche de Grace Mugabe.

Surnommé le « crocodile » pour son caractère impitoyable, le nouveau président a nommé plusieurs généraux au gouvernement et à l’état-major du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

« Est-ce que c’était le sens de ce coup de force militaire ? », s’est interrogé M. Mavhinga sur son compte Twitter.

Lui-même candidat de la Zanu-PF à la présidentielle, M. Mnangagwa a promis des élections « libres et justes ». Mais ses critiques en doutent, rappelant qu’il avait été l’un des exécuteurs de la répression ordonnée pendant l’ère Mugabe.​

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