Union de l’opposition en RDC : « le système Kabila va s’effondrer »

Union de l’opposition en RDC : « le système Kabila va s’effondrer »

Par Hubert Leclercq

Plus d’un an qu’ils ne s’étaient plus parlés. Plus d’un an de tensions entre les tenants du Rassemblement de l’opposition et l’UNC de Vital Kamerhe.

Ce vendredi, les principaux acteurs de l’opposition se sont retrouvés à Bruxelles pour afficher un nouveau front uni face « à un objectif commun », explique un des participants qui n’ignore pas que ce rapprochement « n’aura peut-être qu’un temps. Mais aujourd’hui, tous, nous sommes d’accord sur un point essentiel, il faut que Kabila quitte le pouvoir ». 

A Bruxelles, les Kamerhe, Tshisekedi, Katumbi, Mbungani, Kamitatu, Mbusa ont parlé d’« une même voix », explique notre témoin. « Nous sommes conscients que nous sommes parfois mal compris par la popultaion parce que nous avons pris trop de gants avec le camp d’en face », explique un autre proche du Rassemblement, qui poursuit : Nous avons voulu épuiser toutes les voies de la négociation. Aujourd’hui, nous sommes allés au bout de cette logique. »

Tous les responsables des formations autour de la table se sont mis d’accord sur un objectif commun : « l’organisation d’élections libres et transparentes, sans Kabila », explique notre premier interlocuteur.

Pas un mot sur la stratégie, si ce n’est une piste déjà souvent entendue : « une mobilisation populaire générale contre ce pouvoir ». Quand on leur fait remarquer que les derniers rendez-vous n’ont pas été des succès, il rétorque : « la répression est énorme. On sait que Kabila fait appel à des mercenaires. Mais on va continuer. Nous sommes 80 millions, ils sont quelques milliers, ils vont se fatiguer. Autre élément important, les caisses de l’Etat sont vides. Le clan Kabila a tout pompé mais il ne distribue pas ce qu’il empoche. Le système va s’effondrer ».

Mais cela risque de prendre du temps ? « Je ne le pense pas. On voit que le système craque de tous les côtés. Un jour, il y aura une étincelle qui boutera le feu défnitif au pouvoir en place. La mobilisation va aller croissante. il faut assister aux réunions publiques qu’organise la Ceni, par exemple, pour comprendre l’exaspération de la population. Il arrive qu’il faille exfiltrer les agents de la Ceni sous peine de lynchage. »

Une transition inévitable 

Aujourd’hui, en RDC, toutes les fonctions électives sont hors la loi. En cas de vacance du pouvoir, le président du Sénat reste-t-il le successeur du président ? « Non seulement tous les élus sont hors mandat mais nous sommes carrément hors constitution. Kengo, le président du Sénat, qui fait le jeu de Kabila, notamment sur la réforme de la loi électorale, ne peut plus être une solution. Le texte de référence accepté par tous, c’est l’Accord de la Saint-Sylvestre. Ce sera la base des discussions à venir.  Ce sera le socle des négociations à venir pour organsier une transiton sans Kabila. Le milieu catholique aura un rôle à jouer dans cette transition. »

Quant à la piste d’une candidature unique de l’opposition pour la prochaine présidentielle… « Chaque chose en son temps. Si le pays est débarrassé de Kabila, si on organise des élections vraiment libres et transparentes, ce sera un vrai débat démocratique. Toutes lex voix pourront s’exprimer, ce sera salutaire pour le pays et pour notre démocratie. »

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