L’armée accroît sa présence au Mali et en Afghanistan, pour combattre le terrorisme

L’armée accroît sa présence au Mali et en Afghanistan, pour combattre le terrorisme

Le Mali et plus généralement la région du Sahel resteront l’an prochain le point focal des opérations menées par l’armée belge, avec également un renforcement prévu des contingents belges déployés en Irak et en Afghanistan, ont indiqué jeudi des responsables militaires en insistant sur le caractère « anti-terroriste » de la plupart de ces missions. Si la Belgique cèdera fin janvier le commandement de la mission européenne d’entraînement de l’armée malienne (EUTM-Mali) à l’Espagne – ce qui entraînera une réduction de 175 à une vingtaine du nombre d’hommes et de femmes présents dans ce pays -, elle « basculera » son effort au profit de la Mission de l’ONU (Minusma), dont les plus de 15.000 Casques bleus sont commandés par le général-major Jean-Paul Deconinck. Avec même un accroissement des effectifs à près de 200 personnes au cours de l’année, a expliqué le responsable des opérations à l’état-major de la Défense, le capitaine de frégate Carl Gillis, au cours d’un point de presse à Beauvechain.

Cette augmentation se fera par l’envoi à partir de juillet d’un peloton (une quarantaine d’hommes) de reconnaissance « multi-senseurs » (véhicules blindés spécialisés Pandur, radars, drones…) provenant du bataillon Istar (pour « Intelligence, Surveillance, Target Acquisition et Reconnaissance ») de Herverlee, près de Louvain. La composante Air fournira pour sa part deux hélicoptères de transport tactique NH90 durant six mois à huit mois – ce sera leur premier engagement opérationnel depuis leur achat en 2007 – au sein d’un détachement allemand basé à Gao et un avion de transport C-130 Hercules pour une période de six mois, susceptible d’être prolongée d’autant.

Le détachement d’hélicoptères comptera une cinquantaine d’hommes, dont deux équipes spécialisées d’évacuation médicale et des membres d’équipage armés, un nouveau concept appelé « Air Mobile Protection Team ». Celui du C-130, opérant depuis Bamako, comprendra 65 personnes, selon le lieutenant-colonel Alain Gysels, lui .

Plusieurs autres renforts de moindre ampleur sont également prévus au sein de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) alors que la Belgique est candidate à un poste de membre non-permanent du Conseil de sécurité pour la période 2019-2020, avec une élection prévue en juin prochain.

Au Mali, des zones entières du pays échappent encore, près de cinq ans après le lancement en janvier 2013 par la France de l’opération Serval destinée à arrêter la progression de djihadistes venus du nord du pays, au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU. Ces forces sont régulièrement visées par des attaques, malgré la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et les différents belligérants.

Les militaires belges feront également l’an prochain des séjours de durées variables pour entraîner d’autres armées des pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) directement confrontés au djihadisme: le Niger – avec la participation de forces spéciales à l’exercice annuel « Flintock » organisé par le commandement américain pour l’Afrique (Africom) -, mais aussi en Mauritanie et au Burkina Faso dans le cadre des « écoles nationales à vocation régionale » (EVNR) soutenues par la France, et en Tunisie, un des pays partenaires de l’Otan dans la lutte contre le terrorisme.

La Défense renforcera également ses effectifs au sein de l’opération « Valiant Phoenix » qui consiste à entraîner les forces de sécurité irakiennes et les peshmergas (combattants kurdes), en doublant ses effectifs (de 54 à 105 militaires) – en dépit de la défaite du groupe terroriste Etat islamique (EI, ou Daech). Elle fournira aussi durant toute l’année un détachement de protection (30 personnes) en appui aux chasseurs F-16 néerlandais qui succèderont début janvier en Jordanie aux appareils belges après plus d’un an de missions au dessus de l’Irak et de la Syrie dans le cadre de la coalition anti-EI dirigée par les Etats-Unis.

En Afghanistan les quelque 60 belges déployés au sein de la mission d’entraînement de l’Otan, Resolute Support, recevront en mars-avril le renfort d’un peloton du bataillon Istar sur le même modèle que celui dépéché au Mali, selon le commandant de cette unité, le lieutenant-colonel Bruno Van Loo.

La fin de mission des F-16 va entraîner une baisse du coût des opérations en 2018. Il passera de 73 millions en 2017 à 68,7 millions.

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