Burundi: la campagne pour le référendum illégale, selon Agathon Rwasa

Burundi: la campagne pour le référendum  illégale, selon Agathon Rwasa

Le président burundais Pierre Nkurunziza a donné mardi soir le coup d’envoi de la campagne pour un référendum constitutionnel, qui vise à lui permettre de s’incruster au pouvoir jusqu’en 2034, devant des milliers de paysans réunis à Bugendana, dans le centre de ce petit pays des Grands Lacs plongé dans une grave crise politique depuis plus de deux ans et demi.

« Voici le jour que vous attendiez tous avec impatience », a-t-il déclaré tout en mettant en garde ceux qui voudraient « saboter » le référendum prévu en février. « il y a une ligne rouge », a-t-il averti. Le gouvernement burundais a adopté fin octobre un projet de révision de la Constitution qui permettrait au président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, de briguer à partir de 2020 deux mandats de sept ans.

L’annonce en avril 2015 de sa candidature à un troisième mandat, alors que l’Accord de paix d’Arusha qui a mis fin à la guerre civile l’interdisait expressément, avait ouvert une crise politique qui a fait, depuis, au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés.

Lundi, le gouvernement a imposé une contribution « volontaire » de la population pour financer les élections de 2020, dénoncée par l’opposition comme un « vol organisé ».

Le bureau de l’Assemblée jamais consulté

L’opposition a également critiqué, mercredi, le lancement de la campagne sur le référendum constitutionnel. La révision de la Constitution est une « déclaration de guerre » au peuple burundais, a réagi le Cnared, principale plate-forme de l’opposition en exil. « Avec le lancement de cette campagne qui vise à enterrer l’accord de paix d’Arusha et à s’assurer une présidence à vie, Pierre Nkurunziza a choisi de continuer à mettre le pays à feu et à sang en mettant fin unilatéralement » au dialogue sous les auspices des pays de la région, a déclaré le porte-parole du Cnared, Pancrace Cimpaye.

L’opposition intérieure a elle aussi critiqué les dernières déclarations du président Nkurunziza. Le leader historique des ex-rebelles des FNL, Agathon Rwasa, premier-vice-président de l’Assemblée nationale et principal challenger de M. Nkurunziza, a dénoncé à la presse « une révision de la Constitution qui viole la Constitution ». Il a invoqué l’article 200 qui prévoit que le président de la République peut convoquer un référendum constitutionnel après consultation des deux vice-présidents et du bureau de l’Assemblée nationale notamment. M. Rwasa assure que le bureau de l’Assemblée, dont il fait partie, n’a jamais été consulté, « à moins que ce ne soit à (mon) insu ».

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