Libyens, Somaliens et Tchadiens interdits aux Etats-Unis

Libyens, Somaliens et Tchadiens interdits aux Etats-Unis

 Par Marie-France Cros.
 
La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi l’application,, dans sa totalité, du décret migratoire de Donald Trump qui interdit d’entrer aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays, dont trois africains.

 
La Cour suprême a autorisé la troisième version du décret, après que deux précédentes aient été recalées. Elle interdit de manière permanente, pour « raisons de sécurité », l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays: quatre asiatiques (Yémen, Syrie, Iran et Corée du Nord) et trois africains (Libye, Somalie et Tchad), ainsi que l’entrée dans le pays de responsables gouvernementaux vénézuéliens.
 
Une relation aux Etats-Unis
 
La mesure avait été suspendue en octobre – à la veille de son entrée en application – par un juge hawaïen,  qui estimait que la nouvelle reglementation n’expliquait pas en quoi l’entrée des ressortissants de ces pays « nuirait aux intérêts des Etats-Unis ». En novembre, une cour d’appel de San Francisco avait exclu de son application les « étrangers pouvant démontrer une relation authentique avec une personne ou une entité aux Etats-Unis ». Lundi, la Cour suprême a autorisé la mise en application totale du décret présidentiel, décision que la Maison Blanche a qualifiée de « victoire importante pour la sécurité du peuple américain ».
 
S’agissant des pays africains concernés, on remarque que la Somalie et la Libye sont deux pays sans Etat, où bandes armées, trafiquants et islamistes sont très puissants et contrôlent certaines zones du territoire.
 
Le Tchad se bat contre les islamistes
 
En revanche la mesure est bien plus difficile à comprendre s’agissant du Tchad. Ce pays est dirigé par un dictateur – mais cela ne gêne pas M. Trump dans ses relations avec nombre de pays, notamment l’Arabie saoudite – mais possède la meilleure armée d’Afrique de l’ouest. Cette armée fournit un appui essentiel à la lutte contre les mouvements islamistes dans le Sahel (Ndjamena est le siège de la force multinationale du G5 Sahel) et reçoit d’ailleurs, à ce titre, une aide militaire et policière américaine non négligeable. Un rapport récent du Département d’Etat américain soulignait les efforts engagés par Ndjamena dans la lutte contre le terrorisme.
 
Selon l’équipe Trump, sa présence dans la liste des refusés – où il a été introduit après que le Soudan, dirigé par des islamistes, en ait été sorti –  s’expliquerait parce que le Tchad « ne coopère pas avec le gouvernement américain » et « ne partage pas de manière adéquate les informations concernant la sécurité du public et le terrorisme », alors que divers groupes djihadistes sont présents sur le sol de l’ancienne colonie française (Etat islamique, Aqmi et Boko Haram), indique le décret présidentiel.
 
Et le Nigeria?
 
Une justification qui, une fois encore, ne laisse pas d’étonner: le Tchad a subi 4 attentats  de Boko Haram en 2016, contre quelque 120 au Nigeria – dont les ressortissants ne font l’objet d

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