RDC: Nestlé ferme son usine Maggi à Kinshasa

RDC: Nestlé ferme son usine Maggi à Kinshasa

Par Marie-France Cros.

La multinationale suisse de l’alimentation Nestlé a annoncé dimanche la fermeture de son usine de cubes Maggi à Kinshasa, rapporte l’AFP: « Nous fermerons notre usine et notre siège social d’ici la fin du mois de janvier ». Les produits Nestlé seront alors distribués par des tiers.

« Environ 120 personnes seront affectées par cette décision », a indiqué une porte-parole du groupe suisse. Cette dernière assure que le personnel  licencié recevra des compensations « plus favorables que prévu par la législation du travail au plan local ».

La décision de la multinationale serait due aux pertes enregistrées, depuis son investissement de 2009, dans un pays où la pauvreté touche plus des trois quarts de la population malgré plusieurs années de croissance importante, grâce aux produits miniers, mais dont les bénéfices n’ont pas été redistribués. L’instabilité politique et juridique n’incite pas non plus aux investissements.

Heineken déjà

En octobre dernier, le groupe hollandais Heineken avait annoncé un plan de restructuration de sa filiale en République démocratique du Congo (RDC), Bralima, « conséquence du contexte économique difficile dans lequel l’entreprise évolue depuis quelques années ». Et de citer « une augmentation des droits d’accises de plus de 50%, l’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité de plus de 20% et l’augmentation du cost of doing business en général ».

Les grandes entreprises au Congo se plaignent de ce qu’étant de moins en moins nombreuses, les autorités se rabattent de plus en plus sur le petit nombre de celles qui restent pour récolter de quoi alimenter les budgets.

En 2016 , deux des quatre usines Bralima congolaises avaient déjà été fermées, dans les provinces du Kongo-central et de l’Equateur. Heineken avait alors évoqué la déterioration de la situation économique et sociale en RDC: « Le taux de croissance du PIB est revu à la baisse, le franc congolais continue de se déprécier, l’inflation est galopante, le pouvoir d’achat de nos consommateurs se déteriore, la pression fiscale reste toujours forte et les ventes du secteur brassicoles continuent à baisser ».

Inflation et salaires non payés

L’inflation annualisée atteint officiellement 55%, selon un communiqué du mois dernier de l’Institut congolais des statistiques, tandis qu’un nombre grandissant de fonctionnaires et employés du secteur public accusent des retards de salaire de plusieurs mois. La Commission nationale des droits de l’Homme a ainsi relevé le 2 novembre que 10,31% des enseignants de la capitale n’étaient pas payés du tout.

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