RDC, Kabila, Ceni, Katumbi, comment lire la sortie de l’Onu ?

RDC, Kabila, Ceni, Katumbi, comment lire la sortie de l’Onu ?

Analyse par Hubert Leclercq

Le conseil de sécurité des Nations unies a donc avalisé le calendrier électoral de la Commission électorale nationale indépendante. En réalité, il n’avait guère le choix après l’avoir réclamé à cor et à cri, il ne pouvait le rejeter tant que celui-ci n’était pas trop farfelu.

Mais à la lecture du texte des Nations unies, force est de constater qu’au-delà de cet « accusé de réception », les membres de l’Onu détaillent une succession d’éléments et d’engagements à respecter pour que ce calendrier soit enfin un vrai rendez-vous démocratique. Il ne s’agit donc pas d’un chèque en blanc ni au pouvoir en place, ni à la Ceni.

Le der des ders

Les Nations unies rappellent ainsi divers engagements de l’Etat congolais et insistent pour que ce calendrier ne soit plus remis en cause.

Parallèlement, ils rappellent que pour eux et donc pour la communauté internationale l’accord de la Saint-Sylvestre demeure la référence. Ils insistent dans la foulée sur la bonne réalisation du processus de décrispation, incontournable pour parvenir à des élections sereines et démocratiques. En mentionnant le chapitre 5, les membres du Conseil adressent une injonction qui concerne la libération des prisonniers emblématiques et la levée des charges injustifiées telles que mentionnées dans l’accord.

Les membres du conseil de sécurité des Nations unies ramènent ainsi clairement Moïse Katumbi au centre de l’échiquier congolais et prouvent qu’ils ont intégré, comme annexe de l’accord de la Saint-Sylvestre, les conclusions du rapport d’enquête des évêques de la Cenco. Un rapport assasin pour la justice et le pouvoir congolais. Les évêques avaient notamment parler de « farce judiciaire » en évoquant le dossier à charge de Moïse katumbi qui lui vaut d’être toujours condamné à trois ans de prison.

Donnant – donnant

En langage diplomatique, cette insistance sur la décrispation, doit être lu comme une mise en garde claire à l’égard au pouvoir congolais. « Respectez ce que nous vous demandons et sur quoi vous vous êtes engagés et nous ferons en sorte de vous accompagner du mieux que nous pouvons et avec bienveillance jusqu’au passage par les urnes, voire au-delà ».

Dans le cas contraire, le vieux principe de la carotte et du bâton, avec les pressions habituelles avec une gradation dans les sanctions internationales et le ciblage des personnes sanctionnées.

Pour faire simple : le calendrier est une bonne chose mais loin d’être suffisante et la confiance n’est pas de mise.

Les révélations de la fin de semaine dernière sur les petits arrangements entre amis autour de la réforme souhaitée de la loi électorale ont fini de convaincre les plus optimistes qu’il y a loin de la coupe aux lèvres quand on parle des élections en RDC.

D’autant que les membres du Conseil ont pris conscience qu’ils ont engagé la crédibilité des Nations unies et de la communauté internationale en accordant une année pleine à Kabila pour réaliser la transmission de pouvoir.

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