Le Sommet Union européenne-Union africaine s’ouvre ce mercredi à Abidjan

Le Sommet Union européenne-Union africaine s’ouvre ce mercredi à Abidjan

Par Marie-France Cros

Le 5ème Sommet Union européenne-Union africaine s’ouvre ce mercredi à Abidjan pour deux jours. Jusqu’ici, il s’appelait « sommet UE-Afrique » et Bruxelles veut croire que le changement de nom affirme un « partenariat d’égal à égal ». Cela semble cependant ne pas encore correspondre à la réalité.

Selon Bruxelles, le sommet sera axé sur la jeunesse, dans laquelle il faut « investir, pour un avenir durable ». Il s’agit de la jeunesse africaine: la  moitié de la population de ce continent a moins de 20 ans, a justifié la patronne de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, dans une tribune libre publiée par Jeune Afrique. Et la population active en Afrique « devrait augmenter de 70% dans les 20 prochaines années », souligne-t-elle.

Renforcer les liens

Alors que Donald Trump est favorable à une diminution des aides américaines, il faut « renforcer les liens politiques et économiques entre les deux continents », indique le Conseil européen, qui souligne que l’UE et ses membres ont versé en 2016 quelque 21 milliards d’euros d’aide à l’Afrique, ce qui en fait les principaux donateurs, et que, l’année précédente, des entreprises européennes y ont investi 32 milliards d’euros (un tiers de tous les investissements étrangers direct sur le continent). L’UE achète 41% des exportations de l’Afrique et lui fournit un tiers de ses importations.

Cette différence de position (« la main qui reçoit est toujours plus bas que la main qui donne », dit le proverbe) et les difficultés des pays africains – plus grandes encore que celles des pays européens – à adopter des positions communes font du « partenariat d’égal à égal » un objectif à atteindre plutôt qu’une réalité. Nos confrères de Jeune Afrique évoquent d’ailleurs la question non résolue du financement de ce 5ème sommet, dont le coût – 22 millions d’euros – a doublé par rapport aux estimations initiales. La Côte-d’Ivoire ne veut pas payer seule, l’UA a indiqué qu’elle ne pourrait mettre la main à la poche et l’UE a accepté de contribuer à hauteur de 8 millions d’euros. En 2010, lors du dernier sommet de ce type organisé en Afrique – à Tripoli – la note avait été payée par le colonel Kadhafi.

Le roi du Maroc présent

Nombre de spécialistes s’attendent à ce que, comme par le passé, les Africains présentent à Abidjan des demandes et que les Européens accèdent à une partie d’entre elles mais à leurs conditions, notamment en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption.

Les diplomates ont cependant remarqué que le Maroc – qui a réintégré l’UA début 2017, après 33 ans de bouderie pour protester contre la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD)  – assistera au Sommet grâce à la présence du roi Mohammed VI en personne, arrivé dimanche à Abidjan, alors que la RASD a également été invitée.

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