RDC : La Gécamines répond au rapport Carter

RDC : La Gécamines répond  au rapport Carter

Dans un communiqué de presse, le directeur général ad interim de la Gécamines, Jacques Kamenga Tshimuanga, répond au rapport Carter publié le 3 novembre dernier après l’avoir « analysé méticuleusement ».

Kamenga accuse le Centre Carter d’avoir « une exploitation opportunément approximative des chiffres et données statistiques ». Il affirme que les calculs avancés par le rapport sont « faux » parce que ce dernier « s’acharne à démontrer que des revenus seraient incomplètement déclarés » alors que « l’intégralité des revenus perçus » par la Gécamines « est fidèlement retranscrite dans les comptes de la société« , affirme-t-il.

Corriger « les contre-vérités »

Le communiqué de presse veut « rectifier les erreurs et contre-vérités les plus importantes » du rapport Carter. Il affirme donc que les revenus des partenariats entre 2009 et 2014 « s’élèvent à 1.294.125.346 » dollars, soit « 281 millions » de moins qu’annoncé par le rapport Carter. Que la contribution de la Gécamines au budget de l’Etat sur cette période a atteint 372.122.443 dollars, soit « 100 fois plus » que ce que dit le rapport Carter. Qu’entre 2010 et 2014, la Gécamines a investi « 860.873.898 » dollars, « notamment dans le rachat d’actifs stratégiques, la réalisation d’investissements directement productifs ainsi que la certification de réserves » et que l’endettement de la société a été « réduit de 10% ».

Le communiqué de presse ajoute que la Gécamines a en outre apuré « à 100% pour la main-d’œuvre d’exécution et 93% pour la main-d’œuvre cadre » l’arriéré de dette sociale, qui s’élevait à « 51.299.957 » dollars en 2010. Qu’elle est, depuis 2015, « la seule » entreprise publique congolaise « à avoir mis en place un plan d’accompagnement de départ à la retraite » pour 2294 agents, soit un coût de « 45 millions » de dollars.

Certifiée

Accusée par le rapport Carter de ne pas être réellement contrôlée, la direction de la société assure rendre « compte à tout moment à son actionnaire unique » et ajoute que « ses états financiers sont non seulement certifiés par un commissaire aux comptes mais aussi audités par les plus grands cabinets d’audit au monde ».

Quant à l’accusation du Centre Carter selon laquelle la Gécamines ne respecte pas la loi minière et bénéficie ainsi de privilèges, M. Kamenga assure qu’il en irait de même « dans d’autres pays auxquels le Centre Carter ne semble pas s’intéresser » pour des sociétés publiques comparables.

Une vision idéologique qui appauvrit le Congo

Enfin, M. Kamenga reproche au Centre Carter sa « vision idéologique »: il recommande à la Gécamines « d’abandonner son statut de producteur pour se cantonner à celui de gestionnaire de portefeuille de participations minoritaires » alors que la direction de la société publique veut « une politique industrielle ambitieuse ». Il affirme que cette recommandation « mise en œuvre depuis près de 15 ans, a déjà conduit à l’appauvrissement » du Congo au profit des partenaires extérieurs puisque « les participations minoritaires de la Gécamines ne produisent pas de dividendes depuis près de 15 ans » malgré des chiffres d’affaires, dans les partenariats, « de plusieurs milliards de dollars américains ».

C’est pourquoi la Gécamines va réviser les principaux partenariats. Toutefois, selon M. Kamenga, cela se fera « dans le respect des accords en cause ». Il est à noter que dans une communication interne, mardi dernier, le patron de l’entreprise publique, Albert Yuma, avait annoncé une fixation des termes par celle-ci, sans négociation).

MFC

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos