Un Belgo-Djiboutien porte plainte contre le président de Djibouti à l’Onu

Un Belgo-Djiboutien porte plainte contre le président de Djibouti à l’Onu

M. Daher Ahmed  Farah, un Belgo-Djiboutien, représenté par Me Alexis Deswaef, a déposé ce mardi 21 novembre à Genève une plainte au Comité des droits de l’homme de l’ONU contre la République de Djibouti pour dénoncer la dissolution du parti d’opposition dont il est le président, le Mouvement pour le Renouveau démocratique (MRD).

La plainte est dirigée contre le président Ismaïl Omar Guelleh et son gouvernement, sur la base du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et du protocole permettant le dépôt d’une plainte individuelle, ratifié par Djibouti en 2002, explique le communiqué de son avocat Me Deswaef.
Le président de Djibouti avait dissous le parti de M. Farah pour avoir « invité le chef de l’Etat erythréen à envahir la République de Djibouti« . Une dissolution qui se basait sur un soi-disant communiqué du parti signé le 6 juillet 2008 depuis « Bruxelle »  sous la forme d’un « message adressé au Président de l’Erytree ». Or, selon M. Farah, ce communiqué s’avère être un « faux grossier ». Il avait d’ailleurs déposé une plainte et contesté cette dissolution jusqu’à la Cour Suprême, en vain.
Face à ce qu’il considère comme un  « véritable déni de justice devant les juridictions djiboutiennes », M. Farah s’est tourné vers les instances onusiennes afin de « faire respecter les droits civils et politiques » du MRD et de son président.
Outre la violation de leurs droits garantis par le Pacte international, les membres du MRD risquent des poursuites pour reconstitution d’un parti dissous et craignent pour leur liberté et leur sécurité, souligne encore le Belgo-Djiboutien.
« Il n’y aura pas de décision avant les élections de février 2018, mais le dépôt de la plainte est un moment important. Une fois celle-ci signifiée à l’Etat djiboutien, ce dernier aura six mois pour y répondre. Nous la complèterons ensuite si nécessaire », explique à l’agence Belga Me Deswaef, qui a été reçu avec son client à Genève par le conseiller au rapporteur sur le droit de s’assembler et attend désormais que le Comité mette la pression sur le chef d’Etat.
« Cette initiative est une première à Djibouti. Nous savons bien que les élections, alors qu’il n’y a toujours pas de commission électorale indépendante, sera ‘business as usual’, mais nous sommes convaincus que cette plainte va gêner le pouvoir », conclut M. Farah à nos confrères de Belga.

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