RDC : l’opposition mobilise pour le 30 novembre

RDC : l’opposition mobilise pour le 30 novembre

La tension et les enjeux ne seraient pas aussi importants et cruciaux, ce petit jeu du chat et de la souris en République démocratique du Congo, entre la majorité présidentielle et l’opposition pourrait prêter à sourire.

Depuis des mois, à chaque annonce de la tenue d’une manifestation par l’opposition, le pouvoir de M. Kabila, président hors mandat, s’ingénie à trouver la parade pour empêcher son bon déroulement.

Personne n’a oublié le marathon de football auquel se sont livrés les policiers de Kinshasa devant le stade des Martyrs pour empêcher un meeting du Rassemblement de l’opposition. « Certains joueurs n’ont toujours pas récupéré de l’effort », s’amuse un opposant.

Ensuite, il y a, évidemment, la ficelle, grosse comme le boulevard du 30 juin, qui consiste à organiser des manifestations parallèles, le même jour. Evidemment, à chaque fois, pour préserver la tranquilité des Kinois, le pouvoir en place, prudent en diable, préfère tout interdire plutôt que de laisser les deux cortèges se croiser. Car, évidemment, les manifestants proches du pouvoir, qui annoncent leur parcours après celui des opposants, doivent immanquablement fréquenter les mêmes artères. La communauté internationale condamne mollement mais préfère cette solution à tout risque de dérapage. C’est tout bénéfice pour le pouvoir en place qui baillonne ainsi la démocratie à bon compte.

Depuis plusieurs jours, l’opposition avait annoncé son intention de « marcher » le 28 novembre pour dire son opposition au nouveau calendrier électoral de la CENI et exiger le départ de Joseph Kabila et la tenue de la présidentielle, selon les termes de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Comme de coutume, le 28 novembre est devenue la date la plus recherchée du calendrier. Le parti du président et les jeunes en faveur du référendum ayant annoncé leur envie de se dérouiller les muscles par des marches à cette date.

Caramba, encore raté !

Face à ce nouveau piège, aussi grossier que médiocre, l’opposition a réagi ce mardi 21 novembre, en annonçant qu’elle déplaçait sa marche au 30 novembre. A malin, malin et demi. Il reste évidemment au pouvoir en place, à expliquer que techniquement, il ne peut garantir la sécurité de deux manifestations en 3 jours, pour tenter d’interdire cette mobilisation de l’opposition. Il semble assez peu probable qu’il ose à son tour reporter la date des marches de ses mouvements téléguidés. Cela ferait mauvais genre. La communauté internationale pourrait se mettre à penser qu’il s’agit d’un artifice pour resteindre les droits de l’opposition.

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