RDC: Manifs: Kinshasa essaie de manipuler la communauté internationale

RDC: Manifs: Kinshasa essaie  de manipuler la communauté internationale

Les kabilistes ont annoncé qu’ils allaient manifester le même jour que l’opposition, le 28 novembre. Celle-ci contre le calendrier électoral, ceux-là pour. Violences à prévoir – et à exploiter.

Au lendemain de la publication – sur pression internationale – le 5 novembre dernier du calendrier électoral, le Rassemblement d’opposition avait annoncé qu’il manifesterait contre ce dernier, qu’il juge impraticable, le 28 novembre prochain. Deux contre-manifestations kabilistes viennent de s’annoncer pour le même jour.

La première émane de la Majorité présidentielle, qui a informé (comme le requiert la loi congolaise, qui n’exige pas d’autorisation) le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, le 13 novembre, qu’elle organisait une manifestation en faveur du calendrier électoral le 28. La seconde contre-marche est organisée pour le même jour par le Front pour le Réferendum, organisation kabiliste, qui en a informé le gouverneur de la ville-province de Kinshasa le 17 novembre.

Ces deux contre-marches surviennent alors que la communauté internationale, et en particulier les Nations unies, ont protesté, ces dernières semaines, contre la répression systématique des manifestations d’opposition, bien que ce droit soit garanti par la Constitution, et plaidé pour que Kinshasa respecte la liberté d’expression pacifique.

En outre, samedi dernier, les ambassadeurs occidentaux sont allés voir Aubun Minaku, président de l’Assemblée nationale à Kinshasa, pour lui demander que celle-ci accélère le processus d’adoption des lois concernant les élections, afin de rendre possible ces dernières, et pour plaider en faveur de mesures de décrispation promises dans l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, mais jamais appliquées, notamment la libération des prisonniers politiques et la liberté de manifester.

La perspective de voir trois manifestations dans les rues de la capitale congolaise le 28 novembre prochain, pour des buts opposés, en période extrêmement tendue en raison du refus du président Kabila de se retrirer à l’issue de son dernier mandat (décembre 2016) et alors que la situation socio-économique aggrave le mécontentement populaire, ne peut évidemment qu’amener des violences. Soit les marches ont toutes lieu et les violences prévisibles serviront à « justifier » les interdictions de manifester; soit toutes sont interdites pour de « bonnes » raisons – éviter la violence. Dans les deux cas, on perçoit clairement une manœuvre pour se débarrasser de l’exigence internationale de respecter la liberté d’expression des opposants.

Par Marie-France Cros

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos