RDC : « Une journée mitigée mais on va progresser rapidement »

RDC  : « Une journée mitigée mais on va progresser rapidement »

L’opposition congolaise avait marqué ce mercredi 15 novembre d’une croix dans son calendrier. Il s’agissait de la première action concertée entre le monde politique et celui des mouvements citoyens.

Félix Tshisekedi n’a pas fait dans la dentelle, mardi 14 novembre, pour critiquer le pouvoir en place en République démocratique du Congo et appeler à la mobilisation de toute l’opposition pour une journée « ville-morte active ».

Un nouveau concept qui veut « allier l’asphyxie économique aux mouvements populaires d’opposition », explique un opposant au régime du président hors mandat Joseph Kabila.

Une journée relativement bien suivie dans certaines villes comme à Goma, Beni, Butembo ou Lubumbashi et Mbujyi-May mais bien moins à Kinshasa.

« On nous parle souvent du mouvement de constestation au Togo. On nous rappelle que chaque jour des milliers de personnes sont dans la rue pour réclamer un changement politique à Lomé », nous expliquait récemment un membre de la Lucha. « On oublie qu’il y a une différence majeure entre ces deux Etats: le niveau de répression. Au Congo de Kabila, on n’hésite plus à ouvrir le feu à balles réelles contre les manifestants. On emprisonne, on torture, on enlève, on tue, c’est difficile de se mobiliser face à un tel pouvoir criminel ».

« Regagner la confiance »

« C’est un succès mitigé, il faut le reconnaître. Des villes ont très bien suivi le mot d’ordre. A Kinshasa, ce fut bon dans certains quartiers et moins bien dans d’autres. C’est une journée qui en appelle d’autres », explique un opposant installé en Europe depuis quelques mois. « Aujourd’hui, il faut recommncer à bâtir la confiance du peuple. Il a été déçu avec les accords de la Saint-Sylvestre. Il était prêt à en découdre en décembre 2016 et nous lui avons demandé de patienter. L’Eglise catholique et toute la vraie opposition voulaient croire qu’un accord était possible. Nous avons peut-être été naïf mais nous n’avons trompé personne. Nous pensions que les gens de l’autre côté de la table étaient prêts pour la démocratie, nous nous sommes trompés sur ce point. Ils se moquent de notre pays. Ils ne sont intéressés que par leur bien personnel. »

« Les Congolais ont peur »

Les acteurs contactés tirent tous le même constat : « la répression a traumatisé la population. Les Congolais ont peur de Kabila et de ses armes. Les mamans, qui ont toujours un poids réel chez nous, ne veulent, par exemple, pas laisser sortir leurs enfants. Tout le monde se souvient des morts de 2015, des fosses communes qui ont été découvertes à Maluku, des fils et des filles qui ne sont jamais rentrés après les manifestations de fin 2016, des tortures, des blessés. Aujourd’hui, nous devons regagner la confiance des gens. Il faudra plusieurs journées comme celle-ci pour mobiliser la population », explique un de nos interlocuteurs qui insiste sur la gradation des mouvements et de la mobilisation à venir d’ici « la fin de l’année ».

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos