RDC : paralysie dans une série de grandes villes

RDC : paralysie dans une série de grandes villes

Par Esther Nsapu, à Bukavu

Ce mercredi 15 novembre, les activités sont restées paralysées dans certaines villes du pays, suite à l’appel des mouvements citoyens, le collectif d’action de la société civile (CASC) et des partis politiques de l’opposition appelant à des manifestations pacifiques pour contester non seulement la publication d’un nouveau calendrier électoral renvoyant les élections présidentielles en décembre 2018 mais aussi exiger la démission de Joseph Kabila.

A la veille des manifestations pacifiques, la police a multiplié les messages mettant en garde tous les manifestants, pendant que la Monusco elle, appelle au droit de manifester dans le calme et la retenue.

A Goma, par exemple, malgré un communiqué du maire de la ville appelant les populations à vaquer normalement à leurs occupations, les activités ont tourné au ralenti. Les écoles et universités sont restées fermées, les boutiques, marchés et magasins n’ont pas ouvert, le centre commercial de Bireré est resté désert également. Les transports en commun étaient quasi inexistants, seuls quelques motos taxi étaient visibles sur le trottoir.

Dans les quartiers chauds de Katoy et Majengo, les policiers étaient particulièrement visibles, tandis qu’au quartier Ndosho, des tirs de coups de feu pour disperser les manifestants ont été entendus dans la matinée, mais le calme est vite revenu. En début d’après-midi, le patron de la police, le général Placide Nyembo, a parlé de 8 personnes interpellées pour avoir tenté de troubler l’ordre public. Selon lui, aucun mort ni blessé côté civil et côté police contrairement aux manifestations passées. Ainsi, il félicite la police qui selon lui a accompli la mission qui lui a été confiée.

Dans la partie Nord de la province du Nord-Kivu, les activités ont également tourné au ralenti dans le centre-ville de Butembo et Beni où les pneus brûlés étaient visibles dans certains quartiers. A Kasindi, à une cinquantaine de kilomètre de Beni, la marche d’une dizaine de militants du mouvement citoyen Lucha a été arrêtée par la police qui a interpellé 8 manifestants dont une jeune fille.

Dans le Sud-Kivu plus précisément sur l’Ile d’Idjwi, un membre de la Lucha, parle d’une dizaine de manifestants arrêtés par la police au cours de la lecture d’un mémorandum exigeant la démission de Joseph Kabila.

Par contre, à Bukavu, le mot d’ordre des mouvements citoyens et des partis politiques d’opposition n’a pas été suivi. Les écoles ont fonctionné normalement, les marchés et les magasins ont ouvert leurs portes.

Luc Nkulula, membre du mouvement Lucha parle d’une sensibilisation qui n’a pas atteint sa cible. « J’appelle les autorités et la police à respecter la constitution en laissant les populations manifester leurs mécontentements et cela d’une façon pacifique. Nous demandons donc la libération de toutes ces personnes interpellées parce qu’elles ont manifesté selon l’article 64 de la constitution ».

Au total, à travers tout le pays, plusieurs villes ont particpé à ces manifestations pacifiques (de Lubumbashi, à Kindu, en passant par Bandundu, Kisangani, Matadi, Boende, Mbuji-Mayi, Kananga ou encore la ville province de Kinshasa).

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