Zimbabwe: la peur de la contagion

Zimbabwe: la peur de la contagion

Commentaire par Marie-France Cros.

« Ce n’est pas un putsch militaire”, ont assuré des officiers zimbabwéens mercredi, sans convaincre.

Cette affirmation peut en effet être dictée par la crainte de ceux qui tentent d’imposer leur volonté au président Robert Mugabe, de pâtir de la politique officielle de l’Union africaine qui, désormais, ne reconnaît plus les gouvernements issus de coups d’Etat. Et par la volonté de l’armée de préserver la réputation de sérieux du Zimbabwe, car un putsch est une “première” dans ce pays qui a longtemps été un des succès du continent.

Reste que c’est un coup d’Etat qui est en cours à Harare, destiné à garder le pouvoir aux mains des acteurs de l’indépendance (1980), ce que n’est pas Grace Mugabe – surnommée “Disgrace” (“honte”) par ses compatriotes – au contraire du vice-Président Emmerson Mnagagwa, qu’elle a réussi à faire “dégommer” par son chef d’Etat de mari la semaine dernière et qui est rentré mercredi après-midi à Harare pour assurer l’interim de la Présidence…

L’Afrique suit avec attention ce qui se passe au Zimbabwe. D’abord en raison de la personnalité de Robert Mugabe, plus vieux chef d’Etat de la planète: parce que, sur ce continent, l’âge est un privilège; ensuite parce que ses discours anti-blancs des 17 dernières années lui ont créé une grande popularité dans les pays voisins – même si les dirigeants de ceux-ci ressentent de manière aiguë la catastrophe économique que les « années-Grace » de la présidence Mugabe ont entraînée.

Le coup d’Etat en cours est suivi avec une attention particulière au Congo-Kinshasa, si l’on en croit les réseaux sociaux. Nombre de citoyens congolais souhaitent en effet une fin rapide de la dérive kabiliste et un coup d’Etat leur semble moins dommageable que la meurtrière lutte populaire qui semble aujourd’hui la seule issue pour parvenir à déloger le Président hors mandat. Et le régime a mis toute son énergie à créer, former, armer, financer une force de répression destinée à maintenir Joseph Kabila en place. A quel point la contrôle-t-il?

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