La citoyenneté mondiale et solidaire, l’objectif ultime de Move With Africa

La citoyenneté mondiale et solidaire, l’objectif ultime de Move With Africa

Move With Africa est un projet lancé par La Libre Belgique qui permet à des jeunes de 15 à 18 ans de partir à la rencontre d’un pays, d’une culture et d’un peuple. Ce projet, en collaboration étroite avec plusieurs ONG participantes, a pour but la sensibilisation des jeunes belges aux relations Nord/Sud, à la coopération internationale et surtout au concept d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire.

Qu’est-ce-que l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS) ?

C’est une démarche essentiellement émancipatrice dont le but est d’amener des changements de comportement au Nord au bénéfice du Sud. Cette démarche a en effet pour objectif de nous permettre de réaliser que nous sommes toutes et tous interdépendant/es et que chacune de nos actions a un impact sur le monde. En tant que citoyenne et citoyen du monde, il faut en être conscient et réagir en fonction de nos idées, de nos valeurs et de nos désirs pour que notre impact sur le monde soit positif. L’ECMS cherche à développer notre esprit, à développer nos compétences afin que nous puissions élaborer notre propre avis personnel. S’éduquer à la citoyenneté mondiale et solidaire, cela passe finalement, par le développement de notre sens critique et par la rigueur de notre propre jugement.

Plus concrètement, comment faire pour sensibiliser nos jeunes aux notions, aux pistes et aux enjeux que représente la citoyenneté mondiale et solidaire ?

Des outils, offerts entre autres par plusieurs associations, ONG, ASBL et autres, sont présentés pour enseigner à nos jeunes les conséquences qu’ont leurs actions sur l’espace qui les entoure et leur donner les clés d’interprétation du monde qui s’offre à eux. Un monde vaste, qui tourne très vite, qui peut parfois nous paraître abstrait et générer chez certains le sentiment qu’il est difficile d’avoir un quelconque impact sur celui-ci. C’est pourquoi sensibiliser les jeunes aux possibilités qui s’offrent à eux pour se sentir acteurs dans ce monde mondialisé nous semble fondamental.

Par exemple, l’Institut Saint Vincent de Paul, école participante au projet MWA, a décidé cette année de mettre en place une semaine entièrement dédiée aux différentes problématiques relatives à la citoyenneté mondiale et solidaire. Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, nous avons rencontré deux professeurs de l’école, Jérome Merckx, professeur d’économie, et Anne-Françoise Berger, professeure de néerlanais, pour leur poser quelques questions !

Pourriez-vous m’expliquer ce qui vous a donné l’envie d’organiser une semaine citoyenne dans votre école ?

Nous avions déjà un projet en place dans l’école, le projet D-Clik. Ce projet se déroule en trois phases. La première était de réaliser différents ateliers, sorties, animations, discussions et débats avec un groupe d’élèves volontaires sur les grandes thématiques que sont la discrimination, les stéréotypes et les préjugés. Cette première phase clôturée, la deuxième phase consistait justement à partager les impressions et les idées engendrées par ces ateliers avec le reste de l’école. Étant donné l’existence de la délégation des élèves dans l’école, la direction a directement proposé d’associer les deux équipes pour organiser une semaine sur la citoyenneté. La troisième phase sera le voyage au Bénin avec Move With Africa et l’ONG VIA Don Bosco.

Comment va se dérouler cette semaine citoyenne ?

Et bien, nous aurons plusieurs activités dans les deux établissements. Plusieurs intervenants extérieurs vont nous aider en proposant des ateliers, des spectacles, des réalisations artistiques, des conférences, des débats et des expositions pour tous les élèves! Nous comptons aussi demander aux différents professeurs de l’école d’interroger leurs élèves sur les notions de stéréotypes et de préjugés et d’en discuter avec eux en cours. L’ASBL Propaganza, un collectif d’artistes urbains, va aussi venir mener un atelier dans l’école. Ils proposent une longue réflexion autour de la thématique de la citoyenneté mondiale et solidaire dont le but est d’aboutir à l’élaboration de messages positifs à faire passer. Ces messages seront ensuite inscrits par les élèves sur le mur de la cour de récréation avec l’aide des artistes de l’ASBL. Nous avions déjà ainsi pensé à «  Prenons le pouvoir de faire sourire le monde’ », ou « Citoyens ! Notre avenir dépend de ce que nous faisons du présent ! ».

Quels sont les intervenants auxquels vous avez fait appel ?

Le Bois du Cazier, Annoncer la couleur, Caritas International, La Ligue des Droits de l’Homme, Young Thinkers, MDC, Amnesty International, Le village du monde et Quinoa. Chaque intervenant traitera la question de l’ECMS selon ses spécificités. Par exemple, avec Caritas International nous nous attarderons plus sur les migrants via un atelier nommé « Between 2 worlds ». En effet, chaque jour des personnes prennent la décision difficile de quitter leur pays dans l’espoir de trouver une vie meilleure et de subvenir aux besoins de leur famille. De plus, la question des migrants fait presque quotidiennement la une des journaux ces derniers temps. Il nous semble essentiel de comprendre, avec l’aide de Caritas International et de sa cellule éducative, les causes des migrations, les phénomènes migratoires et les conditions d’accueil actuelles des demandeurs d’asile dans notre pays. Cet atelier servira aussi à déconstruire les préjugés de manière ludique et accessible pour les élèves.

Constance Frère

Que pensez-vous de cet article?