Une Colon(ial)oscopie peu ordinaire en pleine tournée en Belgique

Une Colon(ial)oscopie peu ordinaire en pleine tournée en Belgique

Créé aux Rencontres de Huy en août 2016, «Colon(ial)oscopie» au titre pour le moins éloquent, est actuellement en pleine tournée. Il se jouera à Jette, ce 14 novembre, et à Rixensart le 28, pour une représentation suivie d’un débat dans le cadre de l’opération 11.11.11. Puis à Dinant, Tournai, Bruxelles, Wanze, Ottignies, Verviers etc. L’agenda de la compagnie est bien rempli d’autant que plusieurs représentations se donnent avec le soutien de la cellule « Démocratie ou barbarie » de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Sur un ton grinçant, ce spectacle de la Cie « Ah mon Amour! » pour tous, dès 13 ans, revient par touches bien balancées sur le passé colonial de la Belgique, un sujet qui ne figure pas au programme scolaire et qui, à défaut d’y entrer par la grande porte, pourrait le faire par la fenêtre, celle qu’ouvre si souvent le théâtre. Un texte incisif de Geneviève Voisin et Francesco Mormino.

«Chers Amies et Amis de toujours, «L’Amicale des Anciens d’Afrique» a le plaisir de vous convier ce soir à une conférence tenue par Son Excellence l’Ambassadeur de Belgique à Kinshasa sur les nouveaux potentiels des marchés en République Démocratique du Congo.En sus, nous sommes fiers et heureux de vous annoncer que Fabiola de Potter Dardois, fille, petite-fille et arrière-petite-fille de colons, et sa jeune fille Paola, qui comme vous le savez vouent une admiration sans égale à la grandeur de « l’œuvre civilisatrice coloniale » ont tenu, gracieusement, et nous les en remercions, à assurer la première partie de cet événement majeur de la vie associative nationale. En apéritif, elles proposeront donc au public venu assister à la conférence un récital d’authentiques chansons « coloniales et exotiques ». On ne s’en lasse pas. Ô nostalgie quand tu nous tiens ! »

Entre conférence et représentation

A mi-chemin entre la conférence et la représentation, « Colon(ial)oscopie » établit de réels parallèles entre l’attitude des Blancs vis-à-vis des Noirs et celle de la mère, Geneviève Voisin, une narratrice bien campée, et le vin de palme aidant, de plus en plus déjantée, et sa fille timorée, Justine Verschuere Buch.

Le texte pique là où il faut et rappelle, des mains coupées au viol des femmes en passant par le village de Noirs à l’Expo universelle de 1897, les épisodes les moins glorieux de notre petit lopin de terre d’héroïsme… Utile et sarcastique à souhait, malgré quelques longueurs vite pardonnées au regard de celles de l’Histoire.

Laurence Bertels

info@cie-ahmonamour.com ou 32.(0)472/750.332

Que pensez-vous de cet article?