Réveil à l’arme lourde à Bukavu

Réveil à l’arme lourde à Bukavu

Par Esther Nsapu, correspondante à Bukavu

C’est depuis 5h25 du matin que des tirs à l’arme automatique et à l’arme lourde ont commencé à retentir dans la ville de Bukavu. Les quartiers les plus touchés sont ceux des Nguba et Muhumba situés dans la commune d’Ibanda proches de la frontière avec le Rwanda voisin.

Selon nos sources, il s’agit d’une opération visant à arrêter l’ancien coordonnateur de la cellule de lutte contre la fraude minière en province du Sud Kivu M. Abbas Kayonga (photo). Ce dernier ou des éléments de sa garde opposeraient une résistance acharnée face à l’armée congolaise venue procéder à son arrestation. Cette personne avait été nommée par l’ancien gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo le 26 décembre 2014 pour coordonner la cellule technique chargée des opérations de terrain au sein de commission provinciale de lutte contre la fraude minière.

Le 2 novembre dernier, le nouveau gouverneur Claude Nyamugabo a mis fin à ses fonctions pour « manquements graves dans l’exercice de ses fonctions ».

Cet ancien officier d’un groupe armé d’obédience Banyamulenge (les Forces Républicaines Fédéralistes) disposerait d’une garde rapprochée issue de membres de ce groupe armé ayant intégré les FARDC. C’est cette garde rapprochée qui lui serait restée fidèle et qui s’opposerait avec les armes à son arrestation.

Abbas Kayonga

Le gouverneur du Sud Kivu Claude Nyamugabo a appelé la population de Bukavu au calme et à ne pas paniquer, car selon lui, les forces de l’ordre sont en train de mettre « hors d’état de nuire cet agent du gouvernent qui refuse d’obéïr aux ordres de sa hiérarchie ». Il ajoute que la question de M. Abbas n’engage que lui et lui seul et que la communauté Banyamulenge ne doit pas s’inquiéter.

Sur la radio Maendeleo, un notable Banyamulenge répondant au nom de Enock Sebineza Ruberangabo a d’ailleurs tenu à expliquer que le comportement d’Abbas n’engage que lui et non la communauté Banyamulenge.

En toute fon de matinée, des tirs se faisaient encore entendre. La population de Bukavu reste enfermée chez elle et se réfugie loin des fenêtres.

Toutefois, certaines informations faisaient état d’un début de pillage dans une église fréquentée par les Bayamulenge.

La Monusco est arrivée devant la demeure d’Abbas mais l’homme refuse toujours de se rendre.

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