50 ans après, le Nigeria indemnise des victimes de la guerre du Biafra

50 ans après, le Nigeria indemnise des victimes de la guerre du Biafra

Près de cinquante ans après la fin de la guerre du Biafra (1967-1970), région séparatiste du sud-est du Nigeria, le gouvernement a accepté de compenser les victimes de ce conflit particulièrement sensible dans le pays, selon des documents judiciaires révélés mardi.

Sous la juridiction de la Cour de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le gouvernement nigérian versera 50 milliards de nairas (139 millions d’euros) en dédommagement aux victimes de cette guerre sanglante, qui a fait près d’un million de morts.

Cette indemnisation sera versée à quelque 500 survivants de la guerre, qui ont eu à faire face au « danger inhérent causé par les explosifs qui ont été abandonnés » après la guerre selon le procès-verbal.

La mesure s’applique à onze Etats qui comprenait l’ancien Biafra (sud et sud-est) ainsi que quelques Etats annexées par le mouvement séparatiste pendant la guerre.

Abuja s’est également engagé à verser 38 milliards de nairas (105,4 millions de dollars) pour nettoyer la région de ses mines antipersonnel et de ses bombes, et pour construire des écoles, des tribunaux, des églises et des mosquées.

Selon les documents obtenus par l’AFP, 17.000 bombes encore actives ont déjà été détruites au cours des dernières années, mais 1.317 sont encore stockées dans la région.

La guerre du Biafra reste un épisode très sensible et tabou dans la société nigériane, notamment depuis l’arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari (originaire du nord musulman), en 2015.

Les mouvements séparatistes igbo réémergent: le plus important d’entre eux étant le Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob), dirigé par Nnamdi Kanu.

Poursuivi pour « trahison », Kanu ne s’est pas présenté à son procès mi-octobre. Le gouvernement assure qu’il s’est enfui et se cache pour échapper à la justice, mais ses proches et ses avocats maintiennent qu’il est aux mains de l’armée.   ​

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