Rwanda: pas de libération pour Diane Rwigara

Rwanda: pas de libération  pour Diane Rwigara

Un tribunal rwandais a refusé de libérer sous caution l’opposante Diane Rwigara, poursuivie pour falsification de documents dans le cadre de sa tentative de participation à l’élection présidentielle d’août, ainsi que pour incitation à l’insurrection.

La libération sous caution a également été refusée à sa mère, Adeline, inculpée d’incitation à l’insurrection et de « pratiques sectaires », selon une décision rendue lundi par un tribunal de Kigali. Les charges d’incitation à l’insurrection ont cependant été abandonnées contre Anne Rwigara, soeur de Diane, qui sera libérée.

Diane Rwigara, 35 ans, qui dénonce le caractère politique de cette procédure judiciaire, a été arrêtée le 22 septembre avec sa mère et sa soeur. Elle assure qu’elles ont avant cela subi des interrogatoires quasi quotidiens au Centre d’investigation de la police rwandaise, pendant les trois premières semaines de septembre.

Candidature à la Présidence refusée

Le tribunal a évoqué lundi la « sensibilité » de l’affaire et estimé que Diane et sa mère pourraient quitter le pays ou entraver l’enquête en cours si elles étaient libérées sous caution dans l’attente de leur procès. L’incitation à l’insurrection est passible d’une peine de quinze ans de prison. La falsification de documents et les pratiques sectaires sont passibles de peines de 7 ans de prison.

Diane Rwigara est la fille d’Assinapol Rwigara, un important entrepreneur rwandais qui avait fait fortune dans l’industrie et l’immobilier. Dans les années 1990, il avait largement financé le Front patriotique rwandais (FPR) de M. Kagame avant que celui-ci ne renverse le pouvoir extrémiste hutu en juillet 1994, mettant fin au génocide (un million de morts)

Diane Rwigara avait pris ses distances avec le FPR après le décès de son père en février 2015, dans un accident de la route, selon la police. Elle avait contesté cette version et dénoncé un « assassinat ».

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