RDC : L’UNC divisé, la théorie de Kabila de l’assèchement

RDC : L’UNC divisé, la théorie de Kabila de l’assèchement

L’UNC de Vital Kamerhe a décidé de quitter le gouvernement ce lundi en expliquant sa décision par le fait que s’il avait accepté d’entrer dans l’exécutif, c’était pour faciliter le chemin vers les élections. Celles-ci étant reportées aux calendes grecques, le parti est cohérent et retire son soutien.

Il n’aura pas fallu longtemps, cependant, pour que les lézardes profondes apparaissent. Dès le lendemain, en effet, le ministre du Budget annonce qu’il quitte, lui, le parti qui l’a fait ministre  pour rester au gouvernement. Une position qu’il justifie en expliquant qu’il refuse « pour satisfaire les intérêts égoïstes et personnels de certaines personnes, de créer inutilement une crise au sein du gouvernement qui va à coup sûr fragiliser les membres du gouvernement issus de l’opposition ».

Pourtant Kangudia, ancien directeur de cabinet quand Kamerhe était au perchoir de l’Assemblée nationale (2006-2009), devait clairement ce portefeuille à son mentor qu’il n’a pas hésité à poignarder, préférant les ors du pouvoir au retour dans l’opposition.

Vider l’opposition

Ce « départ » de l’UNC de Kangudia est la preuve une fois de plus de la stratégie de l’assèchement mise en place par l’actuelle majorité. Lors de la formation du gouvernement Tshibala (venu de l’UDPS), il est parvenu à attirer à lui les Lissanga Bonganga, Kapika, Okundji, Kita ou Olenghankoy (ce dernier pour la présidence du CNSA). Tous ont quitté leurs formations politiques ou prétendus incarner, eux, le vrai courant de leur formation, « dédoublant » au passage les partis, tout en semant le trouble parmi les opposants et en réaffirmant l’attractivité  – financière – du pouvoir.

Face à l’entêtement de Joseph Kabila de ne pas organiser les élections et de ne pas quitter le pouvoir, certains opposants ont montré la limite de leur engagement politique. « Au moins, on sait à quoi s’en tenir », explique un de ces opposants qui préfère voir l’aspect positif de ces départs.

Le président hors mandat, Joseph Kabila, lui, n’en a cure. Il recrute et cherche toujours à affaiblir le front constitué autour du duo Tshisekedi – Katumbi, seul bloc qui lui résiste encore.

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